Deux nouvelles grenouilles : J’y croâ pas !
2 mars 2016 - Nature commentaires   //   1743 Views   //   N°: 74

Bienvenue à Rombophryne ornata et Rombophryne tany, de l’immense famille des amphibiens malgaches. Ces deux espèces ont été découvertes dans la réserve naturelle de Tsaratanàna, dans les reliefs des hautes terres du Nord. 

Culminant à 2 876 mètres, le massif de Tsaratanàna est l’un des plus hauts de Madagascar. Ce paysage du Nord est un lieu de grande biodiversité, avec sa vaste étendue de forêts et son climat très humide. On estime qu’il abrite de nombreuses espèces encore inconnues, tant la région est isolée. L’absence de routes rend les visites scientifiques difficiles, toutefois quatre chercheurs européens, crapahuteurs courageux, y sont allés. L’étude qu’ils ont publiée dans la revue Herpetelogica révèle la découverte de deux espèces de grenouilles. Si l’année dernière on a découvert la grenouille diamant, Rombophryne ornata et Rombophryne tany rejoignent cette année la grande famille des amphibiens malgaches. « On compte environ 500 espèces avec un taux d’endémicité de 99 % », nous révèle Nirhy Rabibisoa de l’ONG Conservation International à Madagascar.

La Grande Île est exceptionnellement riche en amphibiens ; les quatre chercheurs européens l’ont bien compris. Mark Sheirz (herpétologiste allemand spécialisé dans les reptiles et amphibiens de Madagascar), Miguel Vences (chercheur au sein de l’université allemande Braunschweig), David Vieites (Spanish National Research Council, centre de recherche en Espagne) et Frank Glaw (herpétologiste allemand et spécialiste de l’herpétofaune malgache) ne sont pas sortis bredouilles de leur expédition dans le massif de Tsaratanàna. « Les deux espèces qu’on a découvertes vivent sur le sol forestier parmi les feuilles mortes et sont assez difficiles à repérer », confie le docteur Mark Sheirz. Fascinés par le monde amphibien malgache, ils ont effectué une analyse moléculaire approfondie sur ces deux espèces.

Rombophryne ornata a fière allure. Elle doit son nom à sa couleur et à ses éléments décoratifs : rougeâtre, une marque noire sur son dos et entre les yeux, et des épines sur ses orbites. Quant à Rombophryne tany, elle le doit à sa couleur brunâtre identique à celle de la terre et aussi à sa tendance à passer beaucoup temps au sol. Que de belles trouvailles ! Malheureusement, le docteur Mark Sheirz a déclaré avec une note d’amertume que les espèces inconnues risquent vite de disparaître à cause des activités humaines, en particulier la déforestation. Heureusement, ces deux espèces vivent dans une zone plutôt inaccessible. Il espère que ce massif restera intact longtemps. En attendant, ça coasse dans cette partie de l’île !

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