Des chiffres et des êtres
9 mars 2013 - Cultures TraditionsNo Comment   //   1802 Views   //   N°: 38

Pas plus superstitieux que les autres, les Malgaches n’en considèrent pas moins les nombres impairs plus bénéfiques que les autres. Offrir deux roses à un mariage est le type même de… l’impair à éviter.

Les Malgaches, depuis toujours, croient fort en la signification cachée des chiffres (composés ou non).

Sans doute n’ont-ils pas développé toute une théorie à la façon de la Kabbale juive ou de l’arithmancie pythagoricienne, mais force est de constater qu’un exercice de divination comme le sikidy emprunte énormément à la numérologie arabe.

« Ce n’est pas que de la superstition. En attribuant des propriétés aux nombres, les sociétés humaines ont développé des champs de connaissance considérables, comme les mathématiques », estime Hemerson Andrianetrazafy, enseignant chercheur en civilisation à l’Université d’Antananarivo.

On sait que le sikidy utilise un langage binaire proche de celui des ordinateurs, qui fait l’admiration des informaticiens actuels !

Pour les Malgaches, les nombres pairs sont à éviter car toujours susceptibles de porter la poisse. En effet, ces nombres symbolisent la plénitude au-delà de laquelle les choses ne peuvent que se dégrader.

« C’est peut-être lié à l’observation de phénomènes naturels. Après la pleine lune, il n’y a plus rien, c’est le noir total, ce qui signifie le malheur. De la même façon quand une coupe est pleine, elle déborde et ce n’est pas bon du tout.

C’est sans doute la raison pour laquelle les gens de Mananjary ont peur d’élever des jumeaux », souligne Hemerson Andrianetrazafy.

À l’inverse, le chiffre impair, imparfait en soi, est toujours susceptible d’amélioration et donc porteur d’espoir… C’est pourquoi durant les événements joyeux comme le mariage ou la circoncision, les cadeaux sont toujours offerts en nombre impair.

Dans les circonstances malheureuses en revanche, funérailles ou hospitalisation, les cadeaux seront obligatoirement en nombre pair, afin d’arrêter la chaîne du malheur.

Les seuls chiffres ou nombres pairs que les Malgaches jugent favorables sont les 4, 8 et 12. Le 4 comme les quatre points cardinaux et ses huit subdivisions (nord, nord-est, nord-ouest, est, sud-est, sud, sud-ouest et ouest).

Le 12 correspond aux douze signes astrologiques (alahamady, alohotsy, etc.) « Ce n’est pas par hasard si les rois faisaient reposer leur royaume sur 12 collines sacrées.

C’est un nombre qui a une signification particulière pour le pouvoir », constate Hemerson Andrianetrazafy.

De tous les chiffres impairs, le 7 est le plus favorable, comme porteur des plus hauts espoirs.

Dans d’autres civilisations, ce sont les nombres impairs qui portent malheur, à commencer par le funeste chiffre 13, capable de provoquer de véritables phobies !

 

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
[userpro template=login]