Denis Bisson
1 mai 2014 - Non classé commentaires   //   3735 Views   //   N°: 52

« Le public veut plus d’authenticité »

Le directeur adjoint et attaché culturel de l’IFM  (Institut français de Madgascar) s’explique sure le rôle capital qu’est  appelé à jouer  le réseau des Alliances françaises pour la promotion des talents locaux. Six cents visas sont délivrés chaque année à des artistes malgaches par le biais de cet institut.

Le public de l’#IFM connaît votre visage, mais peut-être pas votre parcours…

 J’ai été enseignant coopérant en Turquie de 1982 à 1984. Mais je suis vraiment passé à la coopération et aux échanges culturels quatre  ans après, notamment au sein du Ministère des Affaires étrangères Français, à New-York, dans le cadre de l’ONU (Organisation des Nations unies), et de l’Alliance Française dont j’ai été directeur à Toronto, puis délégué général aux Etats-Unis. J’ai aussi été directeur du Centre culturel français de Ouagadougou, au Burkina Faso.  En parallèle j’ai produit des émissions radio, notamment sur France Culture et je suis auteur de films documentaires.

Comment cela se passe-t-il avec les artistes malgaches ?

Les instituts comme le nôtre participent au développement culturel et artistique des pays qui les accueillent, que ce soit pour la production, les  concerts ou les spectacles. Notre réseau nous permet ensuite de proposer achats et coproductions à l’extérieur  –  les tournées panafricaines (qui couvrent aussi l’océan Indien) par exemple. En coordination avec l’Institut français de Paris, notre réseau est proche de TV5 et de RFI (Radio France internationale), des moyens de communication avec une très forte audience. Nous accompagnons aussi les artistes dans leur demande de visas, sans nous substituer au consulat. Concrètement, 600 visas  sont délivrés par an pour des musiciens, auteurs, comédiens, danseurs, plasticiens, poètes… 

 Comment décidez-vous que tel artiste va partir plutôt qu’un autre ?

Nous suivons une logique d’échanges régionaux, en particulier avec La Réunion  et Mayotte. Le choix proprement dit est surtout celui des programmateurs via leurs antennes, ou quand ils viennent sur place. Mais nous écoutons les disques, regardons les vidéos et discutons toujours avec les artistes. Nous sommes intervenus dans la consécration d’artistes comme  le groupe Mikéa qui s’est produit ici avant d’être lauréat du prix Découvertes RFI en 2008 et de tourner dans le Festival du bout du monde, les Grimaldines, etc. Les 3MA, supergroupe réunissant le valihiste Rajery, Ballaké Sissoko (joueur de kora malien) et Driss El Maloumi (joueur de oud marocain) ont commencé leurs ateliers en 2008 ici, avant les tournées en Afrique, en Europe, en Amérique du Sud et leur album.

 Ne court-on pas le risque d’avoir des artistes malgaches formatés IFM ?

Nous accompagnons et apportons un appui logistique, mais le choix ultime revient aux directions artistiques des festivals. Quand nous produisons un artiste ici, nous nous basons sur ce que nous savons des professionnels malgaches et les réactions du public. Le formatage n’est pas exclu, mais c’est un risque qui nous dépasse ! La mondialisation amène une uniformisation des goûts. Et je pense que nous somme entrés dans une période où ce risque s’amenuise :  et il faut promouvoir ça. Ce que fait #Rajery peut être un succès magnifique car il défend sa propre culture. L’universalité exige l’identité.

 

Propos recueillis par Joro Andrianasolo

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