Crise d’adolescence
24 janvier 2019 - Gaysy commentaires   //   616 Views   //   N°: 108

Sexe. Depuis le début de ma relation avec Tanjona, le sexe a été l’unique centre d’intérêt. Au lycée Jacques Rabemananjara, son trafic de livres pornographiques lui avait valu une bonne réputation auprès des autres garçons curieux d’en savoir plus sur l’acte sexuel. On se l’arrachait quand il se ramenait avec un nouveau magazine en classe. Notre amitié s’est créée dans un tel contexte et le fait d’habiter dans le même quartier a augmenté la fréquence de nos rencontres qui se terminaient souvent par une partie de jambes en l’air. De ce côté-là, Tanjona m’a fait vivre de nouvelles expériences. J’ai connu la première sensation d’orgasme avec lui.

Ses livres alimentaient nos ébats et on assumait chacun le rôle de la femme quand il s’agissait de reproduire en vrai les situations évoquées. Chez lui, chez moi, sur la plage, dans un garage, au beau milieu d’une maison en ruine, il était toujours prêt à en découdre quand il s’agissait de nos petits plans secrets. Le taux croissant d’hormone sexuelle dans notre corps, à notre jeune âge, fait grimper notre envie de passer à l’acte aussi souvent que possible.

A dix-sept ans, je faisais tomber les filles de mon lycée comme des mouches. Mais aucune d’entre elles n’était prête à une relation complète. Mon corps, pourtant, éprouvait constamment ce désir. C’est là que Tanjona devenait de plus en plus indispensable pour dépasser le simple stade de l’autosatisfaction. Etant dans la même classe, les devoirs en groupe se présentaient comme de bons prétextes et le sexe était plus que jamais notre matière favorite.

Aux yeux de tous, nous étions les meilleurs amis du monde. Il gardait mes affaires pendant les matchs. Il me passait ses cours quand je m’absentais. On faisait partie de la même équipe quand on jouait. Même ma copine de l’époque ne se doutait de rien concernant les dessous de cette amitié fusionnelle qui durait depuis trois ans. Nos résultats au baccalauréat ont cependant séparé nos routes. Je me suis retrouvé à recommencer une année au lycée tandis que lui partait pour l’Université à la capitale. Notre pot d’adieu a été des plus torrides, puis chacun est parti de son côté.

Tanjona a été ma seule expérience homo. Après son départ, les filles occupaient de plus en plus de place dans ma vie. Deux années se sont passées avant que je ne le recroise dans la cour du campus d’Ankatso. Avec son look raffiné, il affichait une allure de gay et fier de l’être. Pour ma première année à l’université, je devais faire attention à mon image. Me coller à lui pouvait me valoir une mauvaise étiquette, cela m’a rendu plus distant. Ayant senti mon malaise, il s’est limité à une simple invitation verbale qui en disait long sur son intention : « Je vis seul. Voici mon adresse. Passe quand tu veux. »

Je me sentais coupable, sachant que j’étais le mec avec qui il avait appris toutes ces caresses. Sans moi, peut-être aurait-il été différent ? Pourquoi ai-je réussi à m’orienter autrement et pas lui ? Sincèrement, mon aventure avec lui était ressenti comme une simple expérience, qui appartenait au passé. Mais apparemment, de son côté, ce n’était pas le cas. Peut-être n’avait-il pas eu suffisamment l’occasion de coucher avec une fille ? S’il ne changeait pas, qu’allait-il advenir de lui ? Tanjona est mon ami, je devais l’aider à s’en sortir, mais comment et par quel moyen ?

Après réflexion, je décidais de lui arranger un coup avec une fille. Mais je devais lui en parler, évoquer sans fausse pudeur nos petites folies d’antan et faire le point de la situation, avec lui. Je décidais d’aller le voir…

(à suivre)

par #Von

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