Crazy Pixels : Fous de télé !
12 mars 2013 - Cultures Médias commentaires   //   886 Views   //   N°: 38

lls sont une dizaine de jeunes, indépendants, motivés et très désireux de faire bouger la télévision régionale. Une équipe enthousiaste et pleine de bonnes idées. Zoom sur les Crazy Pixels.

Dans le salon du Tsara Guest House, l’ambiance est feutrée, la lumière tamisée. Assis sur des canapés, deux filles et deux garçons, à peine sortis de l’adolescence, chuchotent en plaisantant autour de cocktails colorés.

Derrière eux, un essaim de techniciens s’anime, entre stress et excitation : photographe, éclairagiste, technicien du son. Le réalisateur hausse le ton. On se tait. Jingle. Lancement d’un premier sujet. Sa voisine part dans un grand fou rire.

On arrête. Chacun y va de sa remarque. On relit le conducteur. On reprend. Une fois, puis deux fois. La troisième est la bonne : la conversation est partie,

enlevée, animée. Quatre copains qui discutent librement autour d’un verre… observés attentivement par une dizaine de paires d’yeux inquiets. Cinq minutes plus tard, le brouhaha repart. On fait une pause.

Ils ont entre 16 et 25 ans, lycéens ou étudiants en informatique ou en multimédia et enregistrent leur deuxième émission, diffusée sur une télévision régionale. Ajustement minutieux des micros pour obtenir le meilleur son, en haute définition, travail des ombres et des lumières, placement des animateurs, on sent déjà que des réflexes presque professionnels s’installent.

Casting, format, style, l’équation est complète : une émission animée par des jeunes, rythmée par de nombreuses galeries de portraits et des rubriques variées, nouvelles tendances, insolites, mode… mais aussi des thèmes plus militants pour inciter les jeunes à se prendre en main. « On essaye d’alterner, dans nos invités, des personnalités qui ont réussi, et des jeunes prometteurs qui se lancent », explique Fali, animateur.

Le style se veut plus détendu, plus libre que les émissions traditionnelles des télévisions régionales : « toutes les nouveautés un peu branchées sont produites à Tana, et les émissions régionales sont un peu ampoulées. On essaye de proposer autre chose ». Ainsi, tous les enregistrements se font en extérieur, à la terrasse d’un café, dans le salon d’un hôtel. « Ça complique un peu l’enregistrement, mais ça donne un aspect plus chaleureux, plus dynamique, et ça permet de découvrir les richesses de la ville », conclut Aina, responsable de la photographie. La troisième émission doit être itinérante, entre plusieurs villes de provinces.

Pour soutenir leurs ambitions, les Crazy Pixels ont trouvé des sponsors locaux : « On a besoin de jeunes qui ont des idées et qui se bougent », explique l’un d’entre eux, gérant d’une boutique de vêtements. Mensuelle pour le moment, l’émission veut devenir hebdomadaire et cherche un diffuseur régulier. Une énergie et des idées qui, avec davantage de structure et d’expérience, peut renouveler l’image de la télévision régionale.

 

Bénédicte Berthon-Dumurgier

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