Comores : Goulam Mouhoussoune, retour aux sources
4 septembre 2015 - Comores Diaspora commentaires   //   8647 Views   //   N°: 68

Son dernier album « Retour aux sources » le consacre comme l’un des chanteurs les plus talentueux de sa génération. Entre influences comoriennes et electro bien assumé, ce digne rejeton de la diaspora de France ne perd jamais le nord… et encore moins le Sud. 

Le 6 août dernier, il a sorti sa première compilation en shikomori intitulé Retour aux sources. Six titres bien envoyés où l’on retrouve l’essentiel de son art, un mix très équilibré de reggae, afro beat et dance hall, combinés à des rythmes comoriens plus traditionnels. Un domaine qu’il maîtrise à la perfection, et pour cause ! Tout juste âgé de 24 ans il fait de la scène depuis l’âge de 7 ans, ayant tâté d’à peu près tous les instruments traditionnels de l’archipel.

Ce à quoi il faut ajouter piano, guitare, et batterie, le tout absolument en autodidacte, sans avoir jamais suivi de cours, « juste en jouant avec d’autres musiciens ». Autant dire un prodige !

Natif de Mutsamudu sur l’île d’Anjouan, il part s’établir en France en 2007. Sa rencontre avec Grezou en 2010 s’avère déterminante pour sa carrière : deux origines, deux univers, mais une même chaleur contagieuse ! Grezou l’aide à 

accoucher d’un premier EP de six titres : Entre deux, sorti en 2011 (distribués gratuitement sur internet); un album « entre deux pays, entre deux modes de vies », les Comores et la France, où les compositions en comorien comme Mila ou Kwassa Kwassa font immanquablement mouche.

En 2013, Goulam & Grezou sortent cette pépite intitulée Histoire de famille, creuset commun où sont portés à haute température pur reggae, hip-hop et electro. Des titres comme Nous sommes une armée et Où va le monde illustrent l’énorme potentiel de ce duo bicolore, accompagné de pointures du calibre de Mathieu Thave, saxophoniste, entre autres, de Lenny Kravitz.

Informaticien de formation, Goulam Mouhoussoune travaille dans le développement d’applications Web pour des établissements de santé. Un domaine qui l’inspire et explique au plan artistique sa nette évolution, comme beatmaker, vers l’electro (Downtempo, Trip-hop, Electronica). Pour autant, les rythmes de l’archipel ne sont pas oubliés dans son nouvel opus, pas plus que les thématiques proprement comoriennes. Par exemple, les titres en shikomori Tsiyéléwa (J’ai compris), Bwéni Oulé (Cette femme-là) ou encore Ndzuani (Anjouan), hommage tout en émotion à son île d’origine. Un artiste attachant.

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