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1 juin 2014 - Comores Diaspora commentaires   //   2933 Views   //   N°: 53

Raynoo breaker explosif

Originaire de la Grande-Comore, Raynoo est considéré comme la grande figure du hip-hop comorien à travers le collectif Explosif Dancers. Un surdoué du freestyle qui choisit pourtant en 2007 de tout recommencer à zéro en débarquant à Tana …

Lorsqu’il débarque à Tana avec sa petite valise en décembre 2007, Raynoo de son vrai nom Ainour Mohamed est un parfait inconnu pour le public malgache. Mais certainement pas aux Comores où il fait figure d’initiateur du hip-hop dans l’archipel, excusez du peu ! Originaire de la ville de Mitsamiouli, dans le nord de la Grande- Comore, le jeune homme s’est toujours senti des affinités avec la danse contemporaine. À la faveur d’un atelier de formation où il s’inscrit alors qu’il est encore lycéen, il décide en 2003 de lancer sa propre troupe baptisée Explosif Dancers. Elle est considérée comme le premier collectif de danse urbaine aux Comores, une révolution à une époque où le nom même de hip-hop n’évoque rien dans l’archipel !

Remarqué et parrainé par l’Alliance française de Moroni, Raynoo et sa troupe de breakers commencent à écumer les centres culturels de la Grande-Comore puis de l’archipel tout entier, promenant d’île en île leurs figures acrobatiques débordantes de créativité. Breakdance, funk-styles, freestyle … tout ce que le hip-hop a inventé de contorsions savantes dans les ghettos du Bronx est assimilé, voire dépassé par les Explosif Dancers qui font des émules un peu partout autour d’eux. Les battles (concours de danse) deviennent très courus aux Comores, et c’est tout naturellement que Raynoo remporte le prestigieux trophée du meilleur danseur de l’année 2007 au festival Hip Hop Days. Mais son envie de bouger est plus grande que l’espace fourni par l’archipel. Il lui faut d’autres horizons. À commencer par Madagascar, la grande île à la fois si proche et si lointaine ! Les débuts sont ceux d’un migrant qui cherche ses marques dans une capitale pas toujours clémente : « Des fois je dansais sur les trottoirs de Tana ou je m’entraînais avec des jeunes à Analakely sous les arcades de l’Institut français de Madagascar. Il fallait aussi manger … » De la vache enragée, comme on dit.

À force d’obstination, Raynoo parvient enfin à se faire connaître du public malgache en participant en 2009 au concours Viva Star, danseurs/danseuses. Sa prestation magistralement exécutée lui vaut d’être récompensé par une formation gratuite en danse moderne. Plus personne désormais ne peut ignorer son incroyable talent. Les battles se succèdent et il est à nouveau sacré en 2011 meilleur danseur de l’année, lors du concours organisé par l’Académie malgache de danse. Il fonde également sa propre école de danse, la Ray’s Kool, au Kiady Amparibe où il forme aussi bien les enfants que les adultes à tous les styles de danse moderne. C’est ainsi qu’il en vient à organiser en février 2013, au gymnase couvert de Mahamasina, un concours international de danse, le Dance Battle Ring où vont s’affronter des groupes malgaches, français, américains, chinois et bien sûr comoriens. Cette fois, c’est un groupe d’Antsirabe qui va décrocher la timbale. Mais Raynoo en est sûr, les Comores ont une carte royale à jouer dans le monde du hip-hop.

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