Coder dojo : Décodez pas les enfants !
3 février 2015 - Médias commentaires   //   3901 Views   //   N°: 61

Le Coder Dojo est ce lieu – une simple salle équipée d’ordis – où l’on apprend aux enfants à fabriquer euxmêmes, entre autres, leurs jeux vidéo.
Un vrai jeu d’enfants aujourd’hui.
A Madagascar, le premier Coder Dojo a démarré en septembre dernier et l’on parle déjà d’intégrer l’activité aux programmes scolaires ! 

Directeur exécutif de l’ONG Habaka, Harinjaka Ratozamanana est l’un des initiateurs de Coder Dojo à Madagascar.
Ce mouvement mondial vise, comme son nom l’indique, à apprendre à « coder » aux enfants. Autrement dit à leur donner tous les outils pour qu’ils soient en mesure de fabriquer par eux-mêmes leurs programmes (jeux, sites web, logiciels).
Le Coding Dojo est donc à la base une rencontre entre plusieurs personnes qui souhaitent travailler en commun sur un défi de programmation. Un truc de geek, on va dire ! Le lieu de ces rencontres s’appelle un Coder Dojo, littéralement un « dojo pour coder » : le mot fait évidemment référence aux salles de méditation zen au Japon, où s’enseignent aussi les arts martiaux.
Il existe 180 Coder Dojos à travers le monde, dont celui de Tana en activité depuis septembre 2014 et abrité dans les locaux du Centre d’information et de documentation scientifique et technique de Tsimbazaza. 

A noter qu’il a été suivi, deux semaines après sa création, par celui de Toamasina et qu’ un troisième dojo est en voie de formation à Fianarantsoa. Bref, tout cela va vite. « Dans un Coder Dojo, il y a à la fois de la formation et du co-working.
Les deux sont liés, on apprend aux enfants à programmer et en même temps ils passent aux travaux pratiques.
Grâce aux solutions open-source (logiciel mis à la disposition du grand public), le développement est beaucoup plus simple aujourd’hui, c’est même devenu un jeu d’enfant ! » à Tana, ça se passe chaque samedi aprèsmidi, pendant trois heures.
Une salle avec accès internet et des ordinateurs sont mis à la disposition de six développeurs qui enseignent en alternance à une vingtaine d’enfants (deux par ordinateur).
« Chaque dojo a son modèle économique.
Le nôtre est pour l’instant gratuit, mais nous projetons de faire payer la location des ordinateurs, cela pour obtenir une certaine autonomie financière et ne plus dépendre des dons », précise Harinjaka Ratozamanana.

« Ne pas savoir coder est le nouvel illettrisme », estime le rappeur Will.i.am.
Le mouvement n’est pas prêt de faiblir.
Quelques écoles, notamment Mahasoazaza, ont eu vent de Coder Dojo et souhaitent l’intégrer en activité extrascolaire, et probablement dans le programme scolaire dès la prochaine rentrée.
« Nul besoin d’être un développeur de haut niveau.
Il faut juste savoir lire et écrire les tutoriels de Scratch, le code commun à tous les dojos, qui sont précisément conçus pour le grand public. »
Les premiers jeux réalisés par ces codeurs en herbe devraient être visibles d’ici juin 2015. On n’arrête pas le progrès. 

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