Cheick Oumar Sissoko : « Une envie d’avancer »
3 juin 2015 - CulturesNo Comment   //   1365 Views   //   N°: 65

Cinéaste et ancien ministre de la Culture du Mali (2002- 2007), Cheick Oumar Sissoko était l’invité d’honneur de la 10e édition des Rencontres du film court en avril dernier. Du cinéma malgache au cinéma panafricain, tout se tient estime-t-il. 

Cinéaste et ancien ministre de la Culture du Mali (2002- 2007), Cheick Oumar Sissoko était l’invité d’honneur de la 10e édition des Rencontres du film court en avril dernier. Du cinéma malgache au cinéma panafricain, tout se tient estime-t-il. 

Où en est le cinéma africain 50 ans après ?
Il se cherche, mais il est sur la bonne voie. Il est né avec les indépendances dans les années 1960. C’est à cette période que certains pays ont commencé à engager une politique de développement du cinéma en nationalisant les salles, en formant des techniciens de l’image, en produisant des documentaires. Parmi les pionniers, le Sénégalais Sembene Ousmane et le Tunisien Tahar Cheriaa : les premiers, ils ont vu la dimension sociale, culturelle et économique du film et ont compris l’importance des festivals pour valoriser le cinéma noir. C’est ainsi qu’est né en 1966 le premier festival panafricain, 

à savoir les Journées cinématographiques de Carthage. En 1970 est créée à Tunis la Fepaci (Fédération panafricaine des cinéastes) dont je suis l’actuel secrétaire général. 

Son objectif ?
La Fepaci est composée de professionnels du cinéma, africains mais aussi émanant de la diaspora. Elle a pour objectif la production et la diffusion d’oeuvres qui nous soient propres à travers le monde entier. L’enjeu est la création d’une véritable industrie cinématographique au sein du continent noir. Pour être maître de son destin, il faut être maître de ses images. La Fepaci a aujourd’hui statut d’observateur au sein de l’Union africaine.

Quelle est la place du cinéma malgache dans ce dispositif ?
Comme l’année dernière, lors de ma première visite aux Rencontres du film court (RFC), j’ai été très enthousiaste par ce qui se passe ici. Que ce soit le Comoros International Film Festival, le Festival international des films africains et des îles à La Réunion ou Ile Courts à Maurice … on sent une grande envie d’avancer et de mutualiser ses efforts au niveau des îles. Et le résultat, c’est un fort dynamisme du cinéma malgache, notamment en ce qui concerne les documentaires malgaches et les films d’animation. Ce qui manque sans doute, c’est une plus grande implication de l’Etat. 
 

Propos recueillis par #MoussafiriMourchidi

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