Chamaiphan Suwatthee: La Thaïlande à Mada
1 mai 2013 - Éco EntreprendreNo Comment   //   2371 Views   //   N°: 40

L’ouverture de la ligne Antananarivo-Bangkok en 2004 a été un accélérateur de business entre Madagascar et la Thaïlande. Malheureusement dans un sens qui profite d’avantage aux opérateurs thaïlandais, comme l’explique Chamaiphan Suwatthee, consul général du royaume de Thaïlande.

Pourquoi cet engouement des Malgaches pour la Thaïlande ? 

Il est certain que l’ouverture de la ligne Antananarivo-Bangkok en 2004, avec ses vols réguliers, a favorisé un mouvement d’attrait pour la Thaïlande. Sans oublier la signature de l’accord de promotion et de protection des investissements qui fait qu’en terme de commerce, Madagascar et le royaume de Thaïlande sont des partenaires à part entières. Nos frontières ont toujours été ouvertes aux autres, et cela s’adresse notamment aux Malgaches qui ont avec nous une réelle parenté de culture et de style de vie. Les Malgaches comme les Thaïlandais sont des gens simples et hospitaliers. Des gens persuadés que l’avenir est devant eux.

La Thaïlande à Mada

 Qu’en est-il des échanges commerciaux entre les deux pays ?

On ne peut pas vraiment parler de balance commerciale. L’échange entre les deux pays est à sens unique, au bénéfice du royaume de Thaïlande. Chaque année, plusieurs milliers d’opérateurs économiques malgaches viennent chez nous pour importer des marchandises, notamment des produits hi-tech et textiles, pour les revendre ensuite sur le marché local.

En 2010, le volume des importations en provenance de la Thaïlande était de 100 milliards d’ariary, et on peut estimer que ce chiffre a largement augmenté depuis. En revanche, Madagascar exporte peu vers la Thaïlande. Les Thaïlandais qui viennent à Madagascar sont essentiellement dans l’exploitation des pierres précieuses. C’est la raison pour laquelle la majorité des Thaïlandais à Madagascar habite Ilakaka.

Quelle image les entrepreneurs thaïlandais ont-ils de la Grande Île ?

À part les baobabs et les lémuriens, l’image qu’ils ont de Madagascar n’est pas très bonne. Et c’est pour cela que Madagascar intéresse de moins en moins les Thaïlandais. Il y a quelques années, ils étaient des milliers à vivre ici de façon permanente, actuellement nous ne dépassons pas les 200. Les principales causes de cette fuite sont la corruption et le racket perpétré à tous les échelons.

Il y a cette fausse idée que tous les ressortissants thaïlandais à Madagascar sont des nababs aux poches bourrées d’argent. L’insécurité croissante et la barrière linguistique jouent également en faveur de cette désertion. Je pense que ce chiffre de 200 va encore diminuer si les choses n’évoluent pas très vite à Madagascar.

Quelle est votre contribution au développement du pays ?

Les relations entre nos deux pays ne se bornent pas au business, il y a tout un volet social où nous sommes très actifs. Chaque année, des centaines de Malgaches partent pour la Thaïlande pour continuer leurs études. En concertation avec les ministères malgaches du Commerce, de la Santé et des Mines, nous offrons des bourses pour des formations réellement professionnalisantes.

Nous ne prétendons pas être plus avancés que les Malgaches, c’est juste un partage de la toute petite longueur d’avance que nous avons en matière de technique et de technologie. Les études sont unes des rares choses que nous pouvons partager avec les Malgaches. Quiconque vit ici sait à quel point les jeunes sont avides de savoir, mais faute de moyens, ils ne peuvent faire d’études. C’est cette injustice qu’à notre échelle nous tentons de réparer.

Il y a également l’association Thaï-Mada qui est très active au plan humanitaire…

Son domaine principal est l’adduction des villages en eau potable. Depuis sa création, elle a construit une cinquantaine de puits en milieu rural : plus de 50 000 personnes en ont déjà bénéficié. Il faut imaginer le progrès que cela représente dans leur vie de tous les jours. Au-delà de l’association Thaï-Mada, le royaume de Thaïlande a initié un certain nombre de campagnes humanitaires en faveur de Madagascar, surtout durant les crises. Nous avons fourni du riz en 2002, et nous serons toujours là quand les Malgaches auront besoin de nous…

Propos recueillis par #SolofoRanaivo

Thai food
L’autre cuisine d’Asie.

Après la Chine, la Thaïlande est l’autre pays de la bonne bouffe asiatique. Une cuisine très en vogue dans le monde avec ses saveurs originales à base de curry, ses sauces pimentées et ses fumets de poisson. Attention, c’est une cuisine qui évite l’usage des baguettes (sauf pour les pâtes), à la différence de ses voisins d’Asie ! À Tana, elle a ses adeptes et ses bonnes adresses, comme Chez Siam, l’ancien nom de la Thaïlande, sur la route circulaire Ankorahotra.

Ouvert depuis septembre 2012, l’établissement est géré par Manit, résident à Madagascar depuis bientôt une décennie. Formés par ses soins, ses sept cuisiniers savent mitonner dans les règles de l’art ces sauces thaï à base de citronnelle, de coriandre, de sucre et de fumets de poisson qui accompagnent traditionnellement le Yum Talay (salade de fruits de mer). 

Comme à Madagascar, le riz occupe une place primordiale, soit sous l’aspect de grands grains parfumés au jasmin, de riz blanc cuit à la vapeur ou de riz gluant. Mais le plat incontournable, le plat national est incontestablement le Pad Thaï qui signifie littéralement « friture thaïlandaise ». « On pourrait le comparer au mi-sao malgache, sauf qu’il a une saveur plutôt sucrée salée », explique Jeannine Rasoarivao, une des collaboratrices de Manit.

Pour la recette traditionnelle, il faut faire sauter des nouilles de riz à la poêle avec des oeufs, des graines germées, du tofu émietté, des haricots jaunes et des crevettes grillées trempées dans de la sauce nuoc-mâm. Le tout servi avec une sauce sucrée à base de citron vert. Un vrai bonheur pour les papilles (et les mamies).

À l’étage du restaurant, un mini-market propose à la vente différents produits thaïlandais entrant dans les préparations, notamment les fameuses sauces thaï. Un conseil, suivez bien les dosages si vous ne voulez pas vous mettre le feu au palais !

Une déco royale

La décoration thaïlandaise s’inspire du raffinement des palais royaux et des temples bouddhistes, mais également de l’art populaire de style Benjarong. C’est un art ancestral thaïlandais consistant à créer des motifs géométriques réalisés sur de la porcelaine. Il existe plus d’une cinquantaine de motifs comme le Chakri représentant des fleurs, le Yod Thien représentant une flamme au centre d’un losange. En Thaïlande, l’or est omniprésent, un métal précieux et symbolique. Il est utilisé pour la fabrication de la « femme-oiseau » sous forme de statuette ou de gravure.

Les amateurs de décoration asiatique peuvent choisir la soie thaïlandaise tissée avec des motifs géométriques et cousue de fils d’or. Très populaires, les bouddhas constituent l’un des éléments essentiels de la décoration thaïlandaise. Chaque pays d’Asie possède son style de Bouddha. Celui de Thaïlande est le plus recherché par les designers avec son visage serein, légèrement souriant, et la flamme sur le haut du crâne

Muay thaï : Tous les coups sont permis

La boxe thaï, communément appelée muay thaï gagne du terrain à Madagascar. Ce sport est entré dans la Grande île en 2005 seulement, mais il a déjà sa propre fédération et compte de plus en plus de pratiquants (environ 800 dans toute l’île, selon un membre de la fédération). Lors du Championnat du monde amateurs en juin 2006, Madagascar, pour sa première participation, a raflé deux médailles – l’or et l’argent – avec Stephan Rakoto Andriantefy (moins de 57 kg) et Evah Ravelosata chez les femmes de moins de 48 kg.

Cet exploit s’explique par le fait que tous ces athlètes sont issus des autres disciplines de boxe : anglaise, savate… La différence de ce sport national traditionnel thaïlandais avec les autres disciplines de boxe est qu’en muay thaï tous les coups sont permis. Les coups de genoux, de coudes, de tête sont acceptés.

C’est pourquoi on l’assimile parfois à un « sport de voyous ». « Faux, la boxe thaïlandaise, même très violente, requiert beaucoup de maîtrise de soi. Comme dans tous les arts martiaux, les professeurs ont un rôle fondamental dans la formation des élèves et leur état d’esprit », considère Parfait Rakotonirina, double champion du monde de boxe française savate, qui pratique aussi le muay thaï.

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