Cétamada
27 avril 2013 - Escales commentaires   //   1408 Views   //   N°: 39
UNE VITRINE POUR LES BALEINES

L’association Cétamada organise du 8 au 23 avril une expo-vente à la gare de Soarano. Les bénéfices serviront à mieux faire connaître le « code de bonne conduite » auprès des opérateurs locaux, afin que l’arrivée des baleines en juin se passe sans fausses notes.

Association de droit malgache pour la protection des mammifères marins autour de Madagascar, Cétamada organise du 8 au 23 avril une expo-vente à la boutique Ivahona, au Café de la gare de Soarano. Une boutique éphémère en vue de préparer l’arrivée en juin des grands cétacés. Comme les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) qui viennent de l’Antarctique pour s’accoupler et mettre bas dans le canal de Sainte-Marie. Elles y restent en moyenne trois mois avant de repartir pour les eaux pôlaires… un périple de plus de 5 000 kilomètres !

« Même si les mammifères marins migrant sur les côtes malgaches ne sont pas en danger, il est important de ne pas baisser la garde », explique Sophia Rakotoharimalala, directrice exécutive de Cétamada. Sa grande préoccupation durant ces mois de haute fréquentation touristique reste la pratique des « safaris en mer » où les opérateurs invitent les vacanciers à nager avec les dauphins ou à chasser les baleines, ce qui est strictement interdit !

« La plupart de ces opérateurs touristiques ne sont pas membres de Cétamada et ne connaissent donc pas l’existence du code de bonne conduite qui stipule que la distance d’observation minimale est de 100 mètres pour un groupe de baleines d’un à trois individus et de 200 mètres pour une mère et son baleineau. »

Basée principalement sur l’île Sainte-Marie, l’association Cétamada a justement pour objectif de faire la promotion de ce fameux code. D’autant plus qu’elle a signé en janvier dernier avec le ministère du Tourisme un accord de partenariat visant à former un nombre encore plus grand de professionnels malgaches au code de bonne conduite.

« L’enjeu est capital, car les baleines représentent une source financière non négligeable pour le tourisme, et il n’est jamais bon de scier la branche sur laquelle on est assis », rappelle Sophia Rakotoharimalala.

Pour soutenir et financer ses actions, l’association, en collaboration avec la boutique Ivahona, mettra donc en vente pendant 15 jours des produits dérivés, notamment des T-shirts avec le logo Cétamada, des petites baleines, des sacs, le tout à tarif réduit. Un dessin animé et des films sur les mammifères marins produits par Cétamada seront également projetés. Les bénéfices de l’expo-vente serviront à soutenir les actions environnementales et scientifiques de l’association.

« Nous allons élargir notre implantation côtière, notamment à Nosy Be, Toliara et Maroantsetra. Nous y formerons des volontaires experts en environnement : à Nosy-Be ils fonctionneront de façon pérenne. Nous voulons également intensifier le travail avec les populations locales, les inciter à intégrer l’association, sachant que la plupart de nos volontaires sont des étrangers. »

Depuis sa création en 2009, Cétamada dresse un bilan globalement positif de ses activités, tout en reconnaissant qu’il y a encore beaucoup à faire au niveau de la sensibilisation. « Les scientifiques japonais continuent à tuer près de 100 baleines par an, soit disant pour des recherches alors qu’ils ne fournissent aucun résultat ! Nous demandons l’interdiction de ce type de chasse », explique Sophia Rakotoharimalala. En un mot, cétacé !

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