Caylah Ça claque !
1 mars 2016 - Cultures Music Musiques commentaires   //   1826 Views   //   N°: 74

Son clip « Madagascar » enflamme les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. On la voit déambuler dans une rue de Mahamasina sous la pluie. Elle crache des mots pour dénoncer les maux de ce pays qu’elle trouve anéanti par les problèmes sociaux et politiques. Tête à claques ? 

Enragé et engagé ! C’est le slam de Caylah, un sacré bout de femme cheveux rasés d’un côté et look à la cool. Elle semble perdue dans ses pensées mais tente de… panser les blessures de son pays par ses textes. « Pauvreté, colonisation, malgachisation, mondialisation », des mots qui choquent mais témoignent d’une réalité vécue par des millions de Malgaches. « C’est un texte qui parle à tout le monde et que j’ai écrit il y a quatre ans dans un état d’urgence. Je me suis dit qu’il y avait plein de choses à dire sur Madagascar, que les gens ignorent. Ce n’est pas qu’une île paradisiaque, c’est aussi un pays qui souffre de problèmes politiques, sociaux et économiques. »

Réalisée par Philippe Chevallier et Denis Sneg, la vidéo vue plus de 70 000 fois sur le Net fait partie du projet Mada Underground, un documentaire musical sur les arts urbains. « Cette vidéo est aussi un portail pour les gens de l’extérieur qui ne connaissent pas le pays. J’ai rencontré ces deux réalisateurs français lors d’un concert à l’université d’Ankatso. Ce projet est né d’une amitié. » Dans le slam depuis cinq ans, elle fait partie de cette génération engagée socialement, touchée par ce qu’elle voit et ce qu’elle vit.

« J’ai la rage, c’est ce qui fait ma différence. On me reproche d’être agressive alors que le mot slam veut dire claque ! Il faut taper fort pour que le message passe. Être agressive par les mots et non par les actes. Je suis assez peace and love ! » Ce « paix et amour » qu’elle veut également partager par son engagement dans des associations comme Aïna, Enfance et Avenir où elle anime des ateliers auprès de très jeunes filles mères. Caylah pratique la slamothérapie : soigner les maux par les mots. Depuis un an, elle l’expérimente sur ces adolescentes qui se dévoilent au fil des textes.

« Je ne suis pas là pour les juger, je pourrais être dans la même situation qu’elles. Mais cela va au-delà du slam, je leur inculque des valeurs pour qu’elles puissent s’intégrer facilement dans la société. » Convaincue du pouvoir des mots et de la musique, la jeune slameuse se tourne vers un autre univers, le spoken words, fusionnant poésie et musique, au sein de Caylah and M.E.N, un groupe où se produisent également Miora Rabarisoa, Eric Harilala et Nantenaina. Alors chapeau, claque !

Caylah : 034 17 815 31/032 92 190 14

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