Carlina Herselman
1 mai 2013 - AssociationsNo Comment   //   3603 Views   //   N°: 40

Dans un pays confronté à de graves problèmes de survie au quotidien, la cause animale peut sembler bien secondaire à certains. Telle n’est pas la conviction de Carlina Herselman, fondatrice de la Vet Clinic et de l’association Animal SOS Madagascar.

Installée à Madagascar depuis 1989, cela fait deux décennies que Carlina Herselman, originaire d’Afrique du Sud, se consacre à la cause des chiens abandonnés, des chats errants et de toutes sortes d’animaux domestiques en détresse. « Je m’occuperais volontiers des zébus si je le pouvais.

Savoir qu’on les attelle à des chariots surchargés pour les faire grimper des collines me scandalise. » À son actif, la création du chenil SSSM (Special Security Services of Madagascar) en 1993, de la Vet Clinic et 2003 et de l’association Animal SOS Madagascar en 2006. Près de 90 chiens peuplent actuellement les deux structures d’accueil et de soins.

Au refuge de la Vet Clinic, à Analamahitsy, le service des urgences en quelque sorte, les animaux sont remis sur pattes, c’est-à-dire dûment vaccinés, déparasités, stérilisés ou castrés selon les cas. Au chenil SSSM d’Ivato, ils vont bénéficier d’un programme de dressage et de socialisation en vue de faciliter leur éventuelle adoption. « Il faut qu’ils retrouvent confiance en l’homme.

Beaucoup de ces chiens sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu, soit qu’ils aient été abandonnés ou maltraités. Souvent les maîtres quittent le pays et ne veulent pas payer pour ramener le chien avec eux, alors ils s’en débarrassent… » De l’aquagym est au programme pour la rééducation des chiens blessés. Quant aux animaux trop âgés, ou handicapés ou trop nerveux pour être adoptés, l’association propose de les installer au refuge Happy Valley. Un havre de paix spécialement conçu pour eux.

Gérer une petite centaine de SDF canins est loin d’être une sinécure, d’autant que les caisses de l’association ne sont pas particulièrement pleines. « Pour la seule année 2012, ce sont plus de 35 000 euros qui ont été dépensés pour les soins des bêtes, alors qu’en tant que bénévoles, nos seules sources de revenus proviennent des clients qui nous laissent leurs animaux en pension ou en dressage.

Il y a également les dons et la collecte des livres usagés : un livre nous permet de nourrir en moyenne un chien par jour. » Vaillent que vailles ses finances, l’association agit à grande échelle dans le domaine de la santé publique, comme pour la récente campagne de lutte contre la rage à Antananarivo. « Plutôt que l’abattage des bêtes malades, nous sommes pour la prévention à travers la vaccination.

Même chose pour les chiens errants, c’est par la stérilisation qu’on peut régler le problème, pas par leur mise à mort. » L’adoption, qui est la finalité du travail d’Animal SOS Madagascar, reste assez rare mais en augmentation (259 chiens adoptés depuis 2005). Pour Carlina Herselman, c’est la seule alternative valable à l’achat (illicite) de chiots dans la rue. « Ils ont à peine quelques semaines et ne sont même pas sevrés.

Les acheter, c’est encourager les gens qui exercent un véritable trafic : ils volent des chiens de race pour les faire s’accoupler et se faire de l’argent avec les petits… » Victimes de la cupidité humaine, ces animaux ne sont évidemment ni vaccinés, ni vermifugés. Vulnérables aux maladies, leurs chances de survie sont maigres. L’éducation est un autre volet important de l’association.

Les enfants de la rue, notamment les orphelins, sont régulièrement invités par groupes à découvrir le chenil SSSM d’Ivato. Une initiative que Carlina Herselman espère pouvoir étendre aux écoles : « Le soutien aux animaux en détresse est un acte d’humanisme. Qui sauve une bête n’hésitera pas à sauver son semblable, une leçon de vie pour les enfants », soutient-elle. Reste à convaincre les enseignants…

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