Biogaz
21 mai 2012 - Nature commentaires   //   1611 Views   //   N°: 28

Dans un contexte de hausse du prix du charbon et de déforestation massive, Biogazy, une société fianaroise, développe depuis quelques années le biogaz. Une alternative énergétique durable et peu coûteuse à partir de la décomposition naturelle des déchets organiques.

Le charbon de bois est la première source d’énergie domestique à Madagascar. Simple à trouver et relativement économique, c’est un complément financier utile pour les petits revendeurs. Et une habitude fortement ancrée dans la culture. « Ce sont les seuls arguments pour, alors que des centaines d’hectares de forêt disparaissent tous les mois », s’indigne Hélie. Sans compter un vrai problème de santé public.

« On oublie vite qu’à Madagascar, l’Organisation mondiale de la santé compte tous les ans 11 000 décès par intoxication pulmonaire », continue-t-il. Contre le défaitisme ambiant, Hélie est convaincu que la solution réside dans l’utilisation domestique du biogaz, ce mélange d’oxygène et de méthane créé par la décomposition naturelle des déchets organiques.

Si le biogaz est utilisé dans le monde entier depuis des dizaines d’années, il a fallu l’adapter aux réalités locales. « Après plusieurs essais, nous avons développé un système très simple, solide et économique » : une cuve en béton de 5 mètres cubes pour les déchets, une bâche de camion, quelques tuyaux en plastique et un réchaud suffisent à créer une source permanente d’énergie pour une famille de quatre à cinq personnes.

Les avantages sont nombreux : une autonomie énergétique, des rendements meilleurs que le charbon, des déchets recyclés et purifiés,sans compter la création d’engrais pour les plantes et d’amendements pour la terre.

« Tout est utilisable dans les déchets », affirme Tanguy qui a rejoint Hélie dans son projet. « Le plus difficile n’est finalement pas de mettre au point un procédé technique, mais de convaincre les utilisateurs et de changer des habitudes ancestrales. »

Au siège de Biogazy, Hélie et Tanguy mettent en pratique leurs convictions : au coeur d’un jardin sauvage, où les caféiers croulent sous les fruits, une cuve, enfouie sous les plantes, alimente la maison en gaz de cuisine et d’éclairage. Au fond du jardin, des cabanes et une famille de cochons : « Le lisier de porc permet de créer du gaz et des fertilisants pour les lentilles d’eau, qui sont une alimentation parfaite pour les bêtes. Le circuit est fermé et autonome ».

Entre Hélie et Tanguy, les projets fourmillent : l’objectif actuel est le stockage du biogaz, avec des systèmes peu coûteux, ainsi que la mise en réseau pour des communautés villageoises. « Nous travaillons aussi en partenariat avec d’autres entreprises afin de proposer un système de recyclage des déchets urbains. » Des bons arguments, de la volonté et de l’ingéniosité… Biogazy fait feu de tout bois pour atténuer l’empreinte carbone.

Bénédicte Berthon-Dumurgier

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