Balade sur la rivière Rianila
10 mars 2012 - Escales Escales commentaires   //   1890 Views   //   N°: 26

La balade qui mène de Brickaville jusqu’aux rives de l’océan Indien permet en une journée de découvrir l’essentiel des attraits touristiques de la côte Est et de ses Pangalanes. Une croisière haute en couleurs.

L’embarquement sur les berges de la rivière Rianila est homérique. Notre petite coque se perd au milieu d’un enchevêtrement indescriptible de radeaux en bambous surchargés de cargaisons de bananes. Les allers-retours incessants des « dockers », qui prennent jusqu’à cinq régimes à chaque voyage, font irrémédiablement penser à une fourmilière. Sur la rive, entre tous ceux qui pratiquent leurs ablutions familiales, se tissent des nattes ou se tressent des garaba. Des hommes construisent, en bambous, de nouveaux radeaux… Ici l’on vend la cargaison avec le navire ! Dès les premiers hectomètres, on peut percevoir la vie intense qui agite la rivière. Les lavandières sont partout entourées d’une nuée d’enfants qui nous saluent bruyamment.

Notre première étape a pour nom Sahatokoly, charmant village composé de cases en falafa sur pilotis et de sa petite fabrique artisanale de betsa betsa, alcool local très apprécié des Betsimisaraka. Dans la rue principale, les échoppes sont à « tout touche ». Nous avons l’impression qu’il y a autant d’épiceries que d’habitants. Il est vrai qu’une poignée de litchis et deux bananes suffisent à monter un commerce…

À son embouchure, la Rianila qui ressemble alors à un lac vient côtoyer l’Océan indien et ses vagues qui déferlent sans cesse. Nous nous approchons de quelques piroguiers. L’un d’entre eux, nous vend toute sa pêche. Deux bons kilos de magnifiques camarons que nous dégusterons à l’ombre d’un manguier. Festin de roi dans un décor grandiose. Ces agapes se seront déroulées à quelques encablures du site d’Andevoranto. De cet ancien comptoir commercial chargé d’histoires, il reste quelques ruines que nous visitons 

ainsi que la boutique du chinois et son indescriptible « bric-à-brac ».

Nous parcourons alors les Pangalanes. Entre l’estuaire de la Rianila et le lac Rasoabe, un étroit canal artificiel offre des eaux calmes dans lesquelles se reflètent cocotiers et pandanus, niaoulis et typhonodorums (oreilles d’éléphants). La gamme des verts est infinie. La quiétude est à son comble.

À l’entrée du lac Rasoabe, le petit village de Vavony nous propose un incroyable spectacle. Après avoir franchi une étroite bande de terre, nous arrivons sur les rives de l’océan Indien. Les vagues sont impressionnantes et créent une barre qui semble infranchissable. Les frêles esquifs qui surfent sur les vagues parviendront néanmoins jusqu’à la plage où les femmes les attendent. La pêche a été abondante. Tout le monde rentre au village en chantonnant… 

Dernière étape, mais parmi les plus magiques, la traversée du lac Rasoabe au soleil couchant et l’arrivée sur l’immense plage de sable blanc de Manambato. Une petite baignade afin de communier pleinement avec la nature et se remémorer toutes les images accumulées en un périple d’une journée exceptionnelle. 

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