Bakoly, la Barbie malgache
1 mars 2016 - TraditionsNo Comment   //   4911 Views   //   N°: 74

Le visage couleur terre, les tresses ébène et la robe chatoyante, Bakoly pose au milieu des sacs en raphia, des ceintures en cuir et des portefeuilles en croco des étals des marchés d’arts malgaches. 

Qui se souvient de Bakoly ? C’est le nom de la figurine de chiffons que nos grands-mères avaient l’habitude de dorloter lorsqu’elles étaient enfants, largement inspirée des poupées européennes, à ce détail près qu’elle est malgache, par sa couleur et ses habits. « Avant l’arrivée en masse des poupées fabriquées en Chine, nos aïeules jouaient avec les saribakoly. » littéralement les figurines de Bakoly, les poupées, explique Mme Jeanne, vendeuse d’art malgache au marché Pochard. Faite entièrement à la main, Bakoly doit sa douceur aux chutes de tissus desquels elle est rembourrée. Et ce n’est pas par simple coquetterie qu’elle s’orne d’un chapeau de paille coloré : « Bakoly peut être merina, betsimisaraka, antandroy ou sakalava, ses accessoires montrent son appartenance à une ethnie bien définie. » Aussi peut-on trouver des poupées avec des randrana (tresses) ou des coiffures mitsitokotoko, emblématiques du sud de Madagascar.

Barbie ayant son Ken, Bakoly a aussi son Rakoto, souvent vêtu d’un malabary, l’habit traditionnel. Vendue à partir de 5 000 Ar, Bakoly fait le bonheur des petites filles mais surtout des collectionneurs. Selon Mme Jeanne, ses clients sont surtout des touristes, « les petites filles malgaches préfèrent jouer au tantara (où les personnages sont des cailloux), un jeu parfait pour leur imagination débordante ». Reléguée au statut d’objet de collection, Bakoly n’est pas prête de se défaire de son image de saribakolin’ny Ntaolo (expression exprimant la désuétude d’un objet). T’es trop cool Bakoly !

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