Association Youth’Nity
1 avril 2016 - Nature commentaires   //   1977 Views   //   N°: 75

Le reggae au service de l’environnement 

Qui dit reggae sous-entend dreadlocks, culte rasta et non-violence. Mais cette musique va bien au-delà de ces clichés. Convaincue de sa bonne vertu, l’association Youth’Nity l’utilise comme outil atypique de sensibilisation à la protection de l’environnement.

Qui l’aurait cru ? Du reggae au service de l’environnement. C’est le pari osé de l’association Youth’Nity. « Tout en valorisant la culture reggae, nous sensibilisons les bénéficiaires de nos actions à la protection de l’environnement » souligne Jeremy Randriarimanga, le président. Selon lui, il est tout à fait normal qu’un rasta oeuvre dans ce sens. « Cela fait partie du fondement même du rastafari. C’est du livity (éthique rasta) car un rasta se tourne à la base vers la nature. Il se doit de la respecter et d’honorer cette harmonie conjuguée entre lui et son milieu de vie. »

Comme Bob Marley l’a affirmé : « Le reggae est une communication, la plus douce. » Convaincue que le reggae est le moyen par excellence pour transmettre une positive vibration au quotidien, l’association Youth’Nity a déjà organisé une vingtaine de spectacles qui mettent à l’honneur les artistes engagés. « Les artistes sont les premiers porte-parole, à travers leurs textes, qui prônent le bien-être et les bienfaits de la nature. » On peut trouver du militantisme dans les paroles des chansons de Kheman, quand il chante Aza dorana ny ala (Ne brûlez pas la forêt) ou encore Aza lotoina ny rano, arovy ny tontolo iainanao (Ne salissez pas l’eau, préservez votre environnement). On peut sentir des messages de revendication dans les textes de Majestic Lion avec Anay aty (Chez nous) qui parle de Madagascar en tant que pays vert mais qui a été détruit par l’homme. « Ce sont des messages forts qui devraient toucher les consciences. »

Youth’Nity travaille aussi avec des structures oeuvrant dans la protection de l’environnement, comme l’association Mada Arbre et l’ONG L’homme et l’environnement. « Nous travaillons avec eux pour l’organisation de conférences comme celle qui s’est tenue au Centre de ressources des arts actuels de Madagascar, le 1er juillet 2015, lors de la célébration de la journée internationale du reggae. Pour organiser des sorties culturelles, comme la visite du Lemurs Park du 1er août de la même année et des diverses expositions et projections de films. » Pour Jérémy Randriarimanga, la protection de l’environnement est un état d’urgence. « Il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme. Selon les chiffres de 2013, les richesses naturelles représentent 9 à 10 % du PIB, des ressources qui pourtant sont mal protégées. Un proche du Ministère de l’environnement précise que le coût de la dégradation de l’environnement est estimé à 1500 milliards Ar. » Aujourd’hui, l’association continue d’oeuvrer à travers le reggae, et souligne qu’il est possible de répliquer cette forme de sensibilisation par le biais d’autres registres comme le rap ou encore le rock. Pourquoi pas ?

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