Association Tsiky : Sourire quand même
10 mars 2014 - AssociationsNo Comment   //   1449 Views

Paludisme, diarrhée, malnutrition, la ville de Mahajanga n’est pas épargnée par ces fléaux qui sont responsables de la moitié des décès d’enfants. D’où l’initiative partie de La Réunion du Dr Sandrine Ernould, Malgache d’origine, à travers l’association Tsiky.

« 50 %  des décès infantiles peuvent être rattachés à la malnutrition, directement ou indirectement, avec pour conséquence qu’un enfant sur dix décède avant son cinquième anniversaire », note le Dr Sandrine Ernould, pédiatre au Centre hospitalier Gabriel Martin à Saint-Paul de La réunion. Pour palier ce problème, l’Association Tsiky (Sourire) a décidé d’intensifier son action. Créée en 2012, elle œuvre pour le soutien sanitaire et médical aux enfants scolarisés dans les écoles primaires publiques (EPP) de Mahajanga ainsi qu’à leurs familles.

« J’ai découvert à La Réunion de nombreuses associations qui œuvraient pour les enfants et pour la santé à Madagascar, mais en tant que Malgache et en tant que pédiatre ces projets ne correspondaient pas à mes convictions. J’ai alors réfléchi pendant plusieurs années au moyen d’instaurer une prise en charge plus globale de la santé de l’enfant à Madagascar, d’où la création du projet Tsiky. » Aidée par les membres de l’équipe de pédiatrie du Centre hospitalier Gabriel Martin et des bénévoles des milieux hospitaliers de Mahajanga, elle multiplie les consultations pédiatriques de dépistage avec propositions de soins et actions de prévention et d’éducation à la santé. Les cas traités concernent la santé dentaire, la malnutrition, les maladies infectieuses et le paludisme.

« Une étude que nous avons réalisée a montré une diminution significative du pourcentage de retard de croissance chez les enfants en novembre 2012 et avril 2013. Au niveau du paludisme, cette maladie constitue le second motif de consultation dans les centres de santé chez les enfants de 5 à 14 ans de Mahajanga », souligne la pédiatre. L’association a débuté ses actions en mai 2012 à l’EPP d’Amborovy, puis l’EPP Fanantenana dans le quartier de l’Abattoir. Depuis, des consultations pédiatriques et dentaires pour 90 enfants scolarisés en primaire ont été programmées. Les problèmes de santé sont liés à l’hygiène bucco-dentaire, la malnutrition, le paludisme et la sexualité.

Pour y remédier, l’association a proposé des soins, la culture d’un potager dans les jardins de l’école, la distribution de près de 350 moustiquaires ainsi qu’une collation trois fois par semaine aux élèves de CM2. « Il fallait lutter contre le phénomène de faim immédiate surtout que ces enfants allaient passer leur examen du CEPE. Grâce à ses collations, le taux de réussite a été de 83 % et 92 % à Amborovy et Fanantenana. » La formation médicale en termes de gynécologie, cancérologie, bactériologie et hygiène a été également dispensée. Pour 2014, l’association compte poursuivre ses actions de prévention et d’éducation à la santé dans d’autres écoles de la ville. « Il nous semble aussi important de développer la formation médicale surtout dans le domaine de la mère et l’enfant. »

Aina Zo Raberanto

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