Aponga Vato : « Sôva » qui peut !
13 mars 2019 - CulturesNo Comment   //   2088 Views   //   N°: 110

Dans la catégorie des groupes qui veulent faire perdurer les rythmes traditionnels malgaches, voici Aponga Vato. Un groupe originaire d’Antsirabe qui a fait sensation lors de l’édition 2018 du salon international Tourism Fair avec un son qui met à l’honneur le « sôva » et le « tandonaka ».

Formé en 2017, Aponga Vato est le fruit de la rencontre entre Castelina (chant), Richard (chant et tambour), Lalaina (guitare basse), Haja (chant), Dinah (chant) et Nathalie (chant et percussion). Des inconnus rassemblés par l’envie de faire revivre les rythmes traditionnels et le folklore du Vakinankatra, région dont ils sont tous originaires. « Nos chemins se sont croisés durant le circuit touristique Sur les traces de Vazimba que j’ai organisé à Betafo. Nous nous sommes découverts une passion commune pour la musique traditionnelle et pour tout ce qui touche aux folklores malgaches », raconte Castelina.

Le nom d’Aponga Vato (Tambour de pierre), ils le doivent à un rocher de la région de Betafo qui abritait jadis des Vazimba. « Aponga Vato est un rocher qui était utilisé par les Vazimba pour faire de la musique. Il émet un son de tambour lorsqu’on tape dessus. Il a ensuite donné son nom au seul endroit où on peut le trouver à Betafo. » Le groupe a donc puisé dans les rites et cultes pratiqués par les Vazimba ayant vécu à Aponga Vato. Ce qui l’a amené à se tourner vers le sôva et le tandonaka, chants du Vakinankaratra, que les Vazimba entonnaient quand ils faisaient appels aux esprits ou durant les circoncisions et les funérailles. « Ils se servaient de l’Aponga Vato pour donner le rythme. »

Animés par le respect des traditions, les membres du groupe n’hésitent pas pour autant à sortir des sentiers battus en donnant une autre dimension aux sôva et au tandonaka. Pour cela, ils font appel au tsikadraha (racle, également appelé Caracha au Brésil), l’instrument de prédilection de Castelina qui en joue tout en se mouvant au rythme du tsinjaka, la danse traditionnelle du Sud- Ouest. « Le tsikadraha est fait en tube de bambou. Sur les hautes terres, il sert à accompagner les chants et les danses. Nous l’utilisons pour la particularité du son qui rappelle le cri des crapauds. »

Dans leurs textes, ils aiment à évoquer la nature, la culture malgache et les valeurs ancestrales. « Dans Havanay, nous chantons le fihavanana (solidarité ancestrale). Le message que nous voulons faire passer c’est que peu importe d’où tu viens et où tu te trouves, nous ne faisons qu’un. »

Après des débuts en dents de scie, le groupe a fini par se faire un nom à Antsirabe en se produisant à la Fête de la musique à l’Alliance française en 2017. Ils se sont faits connaître par un public plus large lors de l’édition 2018 du salon international Tourism Fair. « Pour nous, ç’a été la consécration après de nombreux mois de galère car en plus d’avoir attiré l’attention des médias, nous avons pu nous produire devant des artistes de renom. » Le groupe vise aujourd’hui la scène internationale et envisage de sortir un premier album avant la fin de cette année.

COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
[userpro template=login]