Andriaina : « Encourager la recherche musicale à Madagascar »
4 novembre 2019 - Cultures commentaires   //   467 Views   //   N°: 118

En août dernier, Andriaina sort son premier album intitulé « Seven » en collaboration avec The Niconni. Un opus trilingue dans lequel le duo explore un nouvel environnement sonore loin des musiques commerciales.

« Seven », un album hybride ?
C’est un album de treize titres où se mélangent les sonorités d’Afrique, de l’Amérique Noire et d’Europe. Il n’y a aucune censure et aucune limite de genres ni de langues. La collaboration avec The Niconni a commencé l’année dernière quand j’ai sorti mon single «Lucy». Il m’a repéré et m’a proposé de faire un album. Malgré un emploi du temps chargé, j’ai pu me libérer pour travailler ensemble sur un single intitulé « Tiako ». Nous étions en complète symbiose, chacun apportait son inspiration. Nous avons pu sortir ce morceau en deux heures et finalement nous avons continué sur tout un album. Le titre de l’album est né de l’addition de nos dates de naissance.

C’est une superbe coïncidence parce que c’est un chiffre qu’on apprécie tous les deux et qui symbolise à la fois les vibrations positives et les divinités.

Un duo dans les sons et dans les textes…
Même si j’écris la plupart des chansons, je travaille en étroite collaboration avec mon amie Marosoa. Dans cet album, nous abordons des thèmes comme l’amour, pas forcément l’amour parfait. Nous parlons aussi des maladies mentales comme la schizophrénie, c’est qui est le cas de « Strangers », le neuvième titre de l’album. Je dirais que pour écrire, notre principale source d’inspiration, c’est l’empathie. Sinon, il y a un titre que j’aime beaucoup, « Rose de pluie ». C’est un gros tas de non-sens. La chanson parle des perles de pluie sur les roses. Nous décrivons toutes les sensations, les couleurs et les images après la pluie. Et en parallèle, nous parlons d’un mec qui pense à une fille en regardant ses roses. Il y a eu un fabuleux accident sur cette chanson, puisqu’au départ, nous voulions faire une sorte de ballade, le rythme devait être comme un bateau qui flotte sur la mer. En voulant tester la concordance du tempo, nous nous sommes retrouvés avec un rythme de house, un petit côté disco et une base de funk. J’adore ce titre pour le voyage auditif qu’il procure.

La musique, un travail de recherche ?
J’ai commencé la musique en grattant une guitare à l’âge de 6 ans, en autodidacte pendant plusieurs années. J’étais principalement guitariste de metal jusqu’en 2013. Ma façon de chanter a été grandement et inconsciemment influencée par Mickaël Jackson. Mais je m’inspire aussi beaucoup de la plupart des chanteurs noirs. Aujourd’hui, ma principale mission en tant qu’artiste, c’est d’encourager la recherche musicale à Madagascar pour rehausser la qualité de ce qu’on écoute. Je veux encourager les artistes à rester eux-mêmes pour se démarquer. Il n’y a pas de musique commerciale, il ne faut pas chercher à plaire à tout le monde. Je voudrais être un exemple auprès des jeunes en termes de réussite musicale et m’approcher des jeunes artistes pour leur transmettre un savoir, une vision.

Propos recueillis par #AinaZoRaberanto

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