Akore Nosy Nanto !
3 février 2016 - Escales commentaires   //   2107 Views   //   N°: 73

Pour ceux qui trouvent l’île Sainte-Marie (Nosy Boraha) encore trop agitée, un seul remède, un coup de pirogue pour savourer l’île aux Nattes (Nosy Nanto). Mais faut-il vraiment faire de la publicité à ce petit coin de paradis, au risque qu’il vende son âme au tourisme de masse ? 

Voici tout d’abord quelques bonnes raisons pour ne pas y aller : il n’y a pas de voitures, pas de routes ; les déplacements se font uniquement à pied ou sur l’un des rares scooters qui empruntent les petits chemins qui parcourent l’île. Il n’y a pas 78 d’électricité, pas une seule ligne à haute tension, même les panneaux solaires sont rares. Seuls quelques groupes électrogènes dispensent leur énergie quand vient la nuit. Quant au réseau Internet, la question qui se pose n’est pas encore celle du haut débit….

L’île aux Nattes, c’est avant tout une rupture, un rapprochement entre les gens et avec la nature. Les piroguiers, les vendeurs d’huiles essentielles, les pêcheurs, les Nattifs de l’île, ou les vazaha qui ont adopté ce petit morceau de terre comme logis, semblent tous très éloignés des préoccupations du reste du monde.

Côté culture, l’île aux Nattes prend au fil des années un caractère de plus en plus artistique : musiciens, sculpteurs et peintres, locaux ou importés, trouvent dans cette île le recul nécessaire à la créativité. Les brodeuses traditionnelles se trouvent en bordure de chemin à côté du terrain de foot, l’art de la sculpture sur bois précieux se diffuse peu à peu. Le groupe Raoky est un bon exemple de réussite du métissage musical entre l’Europe et Madagascar, et en partie made in Nosy Kanto de par son chanteur fétiche.

Si la chance vous sourit, vous trouverez peut être dans l’une des rares boutiques de l’île, au Café Culture, le long métrage en DVD réalisée par Richard Falce, Ambouni, Ambani, comédie qui prend entièrement pour décor l’île aux Nattes et l’île Sainte-Marie, et met en scène des acteurs locaux amateurs. Un véritable long métrage « qui n’a couté que 60 euros », peut-on entendre ici avec fierté. La comédie traite avec un humour délicieux les conséquences de la modernisation et de la monétarisation pour les peuples malgaches qui vivent de pêche et d’agriculture.

Les musts de l’île ? Des plaisirs simples, comme de se baigner à la pointe dans l’eau limpide du lagon, en regardant parader les pirogues multicolores, seul moyen de quitter l’île pour sa grande soeur Sainte- Marie. Ou encore embarquer pour une partie de pêche ou une incroyable session de snorkeling du côté des ilots aux Sables. Pour ceux qui se sentent plus proches de la terre et des gens, les quelques chemins qui serpentent l’île permettent d’aller à la rencontre des quelques 1 500 habitants de l’île aux Nattes, qui sont sans aucun doute un atout incontournable de par leur gentillesse et leur sens de l’hospitalité.

Expérience zen dans un décor exceptionnel, l’Île aux Nattes prend toute sa dimension géographique au sommet de l’une des deux collines, celle de la Maison blanche, l’unique vue à 360° de l’île, et celle du phare. Préconisations ? Quelques heures d’immersion pour les zappeurs et les consommateurs d’activités, quelques jours pour les amoureux de la nature et de la rencontre entre les peuples, toute une vie pour les poètes et les paranos de la civilisation. 

Texte et photos : #JulienCatalan

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