Aïna : Une vie après la grossesse
3 mars 2015 - AssociationsNo Comment   //   3682 Views   //   N°: 62

Elles ont à peine 18 ans et se retrouvent déjà avec un ou des enfants à charge. Délaissées par la famille, par le conjoint ou victimes de viols, ces filles-mères peuvent pourtant se tourner vers le Centre Aïna dans le quartier d’Isotry pour espérer un avenir meilleur. 

Selon les chiffres du Fonds des Nations Unies pour la population, une fille sur trois de moins de 18 ans à Madagascar connaît une grossesse en raison des mariages précoces encore élevées dans le pays et aussi d’une activité sexuelle avancée. Une situation qui n’est pas en faveur de ces jeunes filles qui perdent leur statut d’adolescentes scolarisées pour se retrouver souvent dans une extrême pauvreté. C’est le cas des filles-mères recueillies au Centre Aïna situé dans le quartier d’Isotry. « Elles ont entre 13 et 22 ans. Certaines viennent de la campagne pour chercher du travail mais se retrouvent enceintes. D’autres ont subi des viols ou ont abandonnées par leur compagnon et sont une charge pour la famille. C’est au cas par cas », souligne Hasina Ramarolahy, responsable de crèche au sein du centre.

Depuis l’ouverture du centre en 2011, une quarantaine de jeunes filles-mères et célibataires ont été reçues. Elles viennent de leur plein gré ou sont recommandées par le ministère de la Population. Actuellement, 18 mamans avec leurs enfants sont pris en charge. Un programme mère-enfant a été mis en place au niveau des crèches solidaires pour accueillir les enfants dans la journée de 7 h 30 à 17 h30. « Nous leur offrons un endroit stable, un suivi médical, une scolarisation , sans oublier les activités sportives et artistiques. Quant aux mamans, elles suivent des cours de planning familial, de notion de parentalité, de développement affectif pour les enfants de 0 à 3 ans. » L’objectif du Centre Aïna est d’assurer l’insertion professionnelle des filles-mères à travers une remise à niveau scolaire par l’alphabétisation, des cours de français et d’économie familiale. « Elles suivent également des formations en esthétique, couture, artisanats, services à la personne… Nous travaillons en collaboration avec des entreprises à Tana pour permettre à ces jeunes filles d’intégrer plus facilement le monde professionnel. A part Isotry, une autre crèche a été ouverte dans quartier rural de Laniera où les formations sont axées au niveau de l’agriculture et artisanat. »

Beaucoup d’entre elles ont déjà trouvé des stages ou du travail dans les entreprises comme Raholiniaina Natacha, 22 ans, mère d’une petite fillette de 4 ans. Elle a suivi une formation en coiffure esthétique à l’Institut professionnel en art de la coiffure et travaille aujourd’hui dans un salon de coiffure. Elle prend désormais en main son avenir et celui de sa fille. « Il est possible de parrainer des enfants, les mamans et leurs enfants et aussi faire des dons pour l’Association. En ce moment, Laurent Voulzy et Davy Sicard sont nos parrains depuis l’inauguration du centre. » 

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