Zongo Bilaky : Ni blanc ni noir
1 novembre 2021 // Arts Plastiques // 5654 vues // Nc : 142

Il a commencé par la musique avec son groupe Maitso Nation (Nation Verte) en 2009 et se tourne depuis trois ans vers l’art plastique. Mais dans les deux disciplines, Zongo Bilaky suit la même ligne directrice : la protection de l’environnement. Un artiste engagé qui milite pour un monde plus vert et aspire à une société avec moins de discriminations. « J’ai choisi le nom Zongo (blanc) et Bilaky (noir) car je suis un être humain avant tout, doté d’un cœur et d’une âme. J’aimerai que les gens soient plus humains. »

En mars dernier, il a réalisé sa première exposition à l’Alliance française d’Antananarivo sur le thème « Humain, où vas-tu ? » avec trois autres artistes locaux. « Cette exposition avait pour objectif de sensibiliser les gens sur la pollution, les feux de brousse… C’était une combinaison de plusieurs médiums notamment la peintre, les vidéos et des installations. »

Dans son travail, Zongo Bilaky utilise différents matériaux dont la plupart sont recyclés : fils, tissus, CD, bouteilles… « Je les récupère ou je les achète à La Réunion Kely. Sinon, j’utilise de la peinture acrylique et à l’huile ainsi que du cuir qui m’est offert par un autre ami artiste, Jiary. Mon inspiration n’a pas de limites. Tout dépend de ce que je trouve. J’ai baptisé mon art, Art’Raoty du malgache ‘araraoty’ qui signifie ‘profiter’. C’est le moment de profiter et de se dépêcher d’apprécier les choses avant qu’il ne soit trop tard. »


Aina Zo Raberanto

Mpamosaka ny ho avy (Mpamosavy)
(Acrylique, à l’huile, tissu, fil recyclé)
1 m x 50 cm
Mpivoady (Mpivady)
(Acrylique, tissu, recyclage CD)
1 m x 65 cm
Reny Malala
(Cuir, acrylique, à l’huile, tissu recyclé)
1 m x 1 m
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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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