Vazantany : Hors des sentiers battus
6 juillet 2025 // Sortir // 5363 vues // Nc : 186

Qui ne s’est jamais demandé, en consultant une carte, ce qu’il y a entre les routes tracées ? Pour Njato Mathias et sa communauté de randonneurs, la seule façon de le savoir, c’est d’y aller. Ils expérimentent tout ce à quoi on s’attend (ou pas) sur des kilomètres choisis par pure curiosité.

Vazantany, c’est une réprimande ?
Nous étions juste un groupe de jeunes qui voulait sortir, mais les voyages organisés coûtaient trop cher. Alors on a décidé de le faire avec nos propres moyens. On a commencé par visiter les 12 collines sacrées, pour prendre des photos. En novembre 2022, on a voulu donner un nom à notre initiative : d’abord Lavatongotra, un clin d’œil aux réprimandes d’enfants, mais dans un sens constructif.

Finalement, on a opté pour Vazantany, parce que notre but, c’est de découvrir Madagascar avant d’aller voir ailleurs. C’est non lucratif, ouvert à tous : chacun paie ses frais, et nous, on s’occupe de l’organisation, en bus puis à pied. Avec le temps, on a même appris à tracer des itinéraires où on ne revient pas au point de départ, comme récemment, où on est partis d’Ambatomirahavavy pour finir à Vontovorona.

Cela donne quoi sur la route ?
Il faut s’attendre aux imprévus ! Une fois, on voulait aller à Kaloy sans savoir où c’était. On a marché des heures avec des infos floues, on s’est perdus, on a fini par reporter. La deuxième tentative, on est arrivés trop tard à Sadabe à cause de l’état de la route. Pas de sac de couchage, plus de taxi-brousse, on a dormi dans un village après avoir demandé de l’aide aux gendarmes. Avec Vazantany, on repère un minimum, mais on improvise beaucoup. On parle aux gens, on marche, on dort là où on peut.

Pour relier Mantasoa à Tsiazompaniry, on a marché trois jours, dormi au bord du lac, avec juste quelques papiers pour passer les barrages. On est aussi partis plusieurs fois avec des gens de plus de 40 ans, mais on apprend ensemble, et chacun avance à son rythme.

Et la communauté ?
Dans l’esprit de l’émission J’irai dormir chez vous, on a approché le chef fokontany de Tsarafandry. On avait prévu un petit budget, on a partagé un repas avec un habitant, et passé la soirée à écouter les récits sur l’expropriation des rizières à cause de la future autoroute. C’est ça aussi Vazantany : au-delà des kilomètres, ce sont les échanges humains qui comptent. Le groupe Facebook permet à chacun de rejoindre l’aventure ; on y partage les infos sur les lieux, les dates, les dépenses. On est entre 4 et 13 selon les sorties, mais toujours dans un esprit de partage et d’entraide.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Groupe Facebook : VAZANTANY

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir