Randja Ranaivozanany : De la restauration à grande échelle
16 février 2025 // Que sont-ils devenus ? // 5964 vues // Nc : 181

Le chef Randja Ranaivozanany, déjà connu pour ses exploits culinaires, a parcouru un long chemin depuis sa dernière apparition dans no comment® en 2016. Récemment sacré lauréat du Trophée du Jeune Entrepreneur 2024, il a su transformer Foodmark en un acteur incontournable de la restauration collective.

Votre carrière a traversé des épreuves, notamment le Covid. Comment avez-vous rebondi ?
En 2016, ma femme, des associés, et moi avons ouvert le restaurant L’Atelier. En 2018, j’ai décidé de me lancer en solo dans le traiteur et l’événementiel. Puis est arrivée la crise sanitaire en 2020 : plus aucun événement, tout s’est arrêté. Mais les défis forgent les opportunités. Les gargotes étant fermées, les entreprises et les hôpitaux nous ont sollicités pour gérer leurs cantines. Nous avons démarré avec un contrat pour 60 repas par jour, et aujourd’hui, nous servons jusqu’à 3000 couverts quotidiennement.

Que représente pour vous le Trophée du Jeune Entrepreneur (TJE) ?
C’est une reconnaissance incroyable pour la croissance de Foodmark, qui a été multipliée par dix entre 2021 et 2024 ! Mais au-delà des chiffres, c’est notre engagement sociétal et environnemental qui a marqué les esprits. Ce trophée, l’un des plus prestigieux dans l’entrepreneuriat, valorise des entreprises ayant un impact significatif sur l’économie malgache. Aujourd’hui, la responsabilité sociale et les projets innovants sont essentiels, et nous sommes fiers de faire partie des rares acteurs formels de la restauration collective à Madagascar.

Comment voyez-vous l’évolution de votre secteur ?
Notre métier est étroitement lié à la croissance du secteur BPO (Business Process Outsourcing), notamment les call centers et la tech. Ces entreprises cherchent constamment à se démarquer pour attirer les meilleurs talents : meilleure cantine, meilleurs services… Cette exigence tire tout le secteur vers le haut. Mais la demande ne se limite pas au BPO, elle s’étend à d’autres domaines en quête de qualité.

Vous partagez aussi votre passion pour la cuisine sur les réseaux sociaux avec « Show Devant »…
La cuisine est pour moi un acte essentiel de survie et de partage. Malheureusement, je constate que les jeunes cuisinent de moins en moins. Avec mes contenus, je veux vulgariser mes connaissances, transmettre des techniques simples, et montrer que cuisiner peut-être accessible à tous. Si je peux inspirer une génération à reprendre goût à la cuisine, alors j’aurai accompli quelque chose d’important.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Instagram : Randja Ranaivozanany
www.foodmark.mg/

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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