Projet ONY : le gaming boosting malgache
28 mai 2025 // Media & Add-0n // 6879 vues // Nc : 184

Créer des jeux vidéo à Madagascar ? Il y a encore quelques années, l’idée pouvait faire sourire. Aujourd’hui plus que jamais, les créations prennent vie, et ce n’est même pas encore leur forme finale. Avec le Projet ONY notamment, un vent nouveau souffle sur le secteur des industries créatives. Manette en main, voyons trois initiatives qu’ils ont lancé, pleines de promesses qui pourraient bien mettre Madagascar sur la carte du jeu vidéo mondial.

Hello, world 261! + Rubika : former la prochaine génération de créateurs
La fameuse phrase qu’on a tous codée un jour, et le début d’une longue histoire d’amour pour les passionnés. Et on n’oublie pas le 261 pour rappeler qu’ici c’est Mada ! Ce programme de formation apprend aux jeunes Malgaches à créer leurs propres jeux, de l’idée de départ jusqu’au prototype jouable. On oublie les PowerPoint de 10 000 slides. Les participants manipulent de vrais moteurs de jeu, écrivent des scénarios, donnent vie à leur monde et apprennent à travailler en équipe. Le tout se passe dans une maison aménagée pour, et qui sent bon la start-up nation (on en parle plus bas). D’ailleurs, si on survit à une année de formation là-bas, la porte est ouverte pour intégrer Rubika, la 7e école monde dans l’animation 2D et 3D et présente en France, au Canada et en Inde, sans avoir à passer la prépa et le concours d’entrée. Une belle convention signée entre les deux qui a permis de paver la route vers l’international pour les jeunes talents locaux.

Un partenariat avec New Tales : pour passer au niveau supérieur
Si vous n’avez jamais entendu parler de New Tales, déjà, déshonneur. Mais maintenant, retenez bien ce nom. Cet éditeur indépendant basé en France a récemment tendu la main à ONY. Résultat ? Les élèves de Hello, world 261 ! profitent de masterclass animées par des pointures du secteur. Ils découvrent les coulisses de l’édition de jeux vidéo, et comprennent comment faire rimer passion avec profession. Ce qui change la donne ? Un partenariat concret, loin du simple effet d’annonce. Point fort : trop fort.

ONY House : la maison où naissent les idées
Imaginez une grande maison baignée de lumière, remplie de jeunes créatifs qui codent, dessinent, enregistrent des voix ou montent des vidéos. Bienvenue dans la ONY House, inaugurée fin 2024, avec l’ambition de devenir un hub créatif à part entière. Des studios, du matériel pro, du Wi-Fi qui tient la route (un exploit en soi) et surtout une ambiance qui donne envie de créer. On y croise des game designers, des illustrateurs, des producteurs de contenu… bref, tout ce qu’il faut pour donner vie à des projets solides, dont des jeux vidéo. Un lieu ouvert, beau et fonctionnel, à contre-courant des clichés sur le manque d’infrastructures. Et du beau monde y passe, dont le grand passionné français Orelsan. Ce dernier n’est d’ailleurs pas un simple visiteur de passage dans les locaux, puisqu’il a fondé le projet avec sa femme malgache et Nicolas Auriault, le directeur général de la structure.

Eymeric Radilofe

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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