Mendie Ramarson : Elle retrouve le fil
28 décembre 2025 // Quiz & Actuel // 2437 vues // Nc : 191

Certaines années arrivent comme une jolie revanche. 2025, c’est un peu ça pour Mendie Ramarson : l’année où tout ce qu’elle avait patienté à semer depuis des années commence enfin à germer. Jusque-là, son parcours ressemblait un peu à ces tiroirs qu’on ouvre à reculons : du marketing digital par-ci, des projets culturels par-là, un peu d’artisanat dans un coin, de l’entrepreneuriat dans un autre. Rien de contradictoire, juste du joyeux désordre. Et puis, tout d’un coup, les planètes se sont mises à discuter entre elles. Peut-être que c’est Casablanca qui y est pour quelque chose — ses clubs, ses artistes, ses nuits où l’on comprend subitement le sens de son travail. Peut-être que c’est Madagascar qui l’attendait, à l’écart, en souriant. Toujours est-il que 2025 marque son retour à Antananarivo, sans détour, avec une vision qui ne s’excuse plus.

Elle y lance Les Coulisses du Digital, une masterclass pour ceux qui voudraient se lancer dans le digital sans forcément passer des heures à chercher des tutos sur YouTube. Mendie, elle, aime un peu plus sec.

« Tout le monde peut réussir. Il suffit juste d’arrêter de se chercher des excuses », martèle-t-elle. Le sourire est doux mais le message est clair. Et comme si l’année avait envie d’être généreuse, Maison Beaudor, l’agence qu’elle a fondée, fête ses cinq ans. Cinq ans de projets, de doutes, de grandes choses mais surtout de ponts entre culture, communication et influence. « Rien n’est perdu. Tout est recyclé », répète-t-elle. En 2025, on pourrait même appeler ça un aveu. Oui, tous ses chemins mènent ici. Et cette fois, ils vont dans la même direction.

Mpihary Razafindrabezandriana

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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