Matchbox : Sans discrimination
3 février 2021 // Photographie // 2441 vues // Nc : 133

Le photographe Matchbox revient avec une nouvelle série de photos surréalistes, Sarotava, qui sur la forme, présente le même concept pour toutes les images : des étrangers sans têtes. Une série à travers laquelle il reprend les problématiques de la discrimination. « Le but initial de cette série est d’enlever toute forme de jugement, de discrimination, de montrer qu’au fond, nous sommes tous égaux, nous sommes tous dans le même bateau et chacun fait de son mieux pour s’en sortir. En effet, je trouve que beaucoup se basent sur le physique pour juger les valeurs d’une personne, beaucoup se trouvent des excuses, bien sûr, comme les restos qui n’acceptent pas les personnes en tongues ou la société qui blâme les mini-jupes comme étant la cause du viol. »

En enlevant le visage, une grande partie des informations que nous avons sur un inconnu n’est pas accessible, nous sommes donc obligés d’avoir recours à d’autres moyens pour en savoir plus sur la personne concernée, lui parler par exemple. Tout le monde devrait être libre d’être qui il veut sans être jugé. Comme à son habitude, Matchbox a conceptualisé cette série mais cette fois-ci en combinant la photographie de rue et la photographie surréaliste. « Jusqu’ici, c’est la série la plus difficile au niveau technique. Ce n’est pas la première fois que je traite le sujet de la discrimination, mais, c’est la première fois pour moi que je fais des photos d’inconnus dans les rues. Je ne suis pas photographe de rue, c’est un exercice que j’ai dû apprendre car j’ai l’habitude de contrôler tous les éléments des images que je produis comme la lumière, les couleurs, les poses…» Matchbox souhaite développer cette série à Tana mais également faire une image dans chaque région de Madagascar.


Propos recueillis par Aina Zo raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir