Hang’A.R : L’horloge bat la mesure
19 octobre 2025 // Arts de la scène // 3317 vues // Nc : 189

L’école de danse Hang’A.R marque sa troisième année avec le music-hall L’Horloge Enchantée. En pleine prestation au mois de septembre, son cofondateur et cogérant, Antsa Andriamanjaka, revient sur l’identité et la pédagogie qui portent le projet.

Pourquoi Hang’A.R ?
Nous avons créé Hang’A.R en novembre 2022 avec mon épouse, Antsa Ramakavelo. Notre idée était simple : placer l’humilité au cœur de la création artistique. C’est d’ailleurs inscrit sur nos murs, aux côtés de deux autres valeurs : passion et persévérance. Nous voulons les transmettre à nos professeurs, à nos élèves, mais aussi au public et à tous ceux qui s’engagent dans les arts. Dans la danse comme dans le milieu artistique en général, il ne s’agit pas d’imposer une vision, mais de partager.

Quelles disciplines enseignez-vous ?
Nous proposons un large éventail : danse classique, contemporaine, modern jazz, street jazz, hip-hop et barre au sol. L’école compte aujourd’hui environ 150 élèves, du débutant au danseur professionnel. Les cours sont organisés par semestre, chaque période se concluant par un spectacle qui tient lieu d’évaluation. Certains élèves venus avec un niveau intermédiaire se sont perfectionnés ici, jusqu’à rejoindre L’Horloge Enchantée. D’autres sont même devenus professeurs.

Qu’est-ce que le music-hall pour vous ?
Pour nous, le music-hall, c’est raconter une histoire en mêlant chant, danse et théâtre. Rien ne remplace l’expérience de la salle : l’énergie partagée avec le public, l’ambiance particulière, la présence des artistes… Ce sont ces éléments qui font toute la différence, bien au-delà d’une simple captation vidéo.

Hang’A.R sur scène, ça donne quoi ?
Je me souviens d’une remarque de mon père : pour lui, on reconnaissait un artiste à ses cheveux ébouriffés et à son apparence négligée. Cela m’a marqué. Pourquoi associer l’art à une forme de désespoir ou de tristesse ? J’avais souvent cette impression dans les comédies musicales ou les spectacles de danse que je voyais : des artistes perdus dans leurs pensées, des performances graves, sombres. Nous, au contraire, voulons présenter un spectacle joyeux, vivant. La vie quotidienne est déjà suffisamment difficile.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Laisser un commentaire
Lire aussi
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir