Hajaina Junior et Joro Andrianjatosoa
27 novembre 2025 // Quiz & Actuel // 3069 vues // Nc : 190

Hajaina Junior : Réveil musclé

Se réveiller à 3 heures et demie tous les matins. Pour Hajaina Junior, ce culturiste et coach sportif très connu des habitués de Madafit, c’est devenu à la fois une rigueur et une habitude. « J’ai rendez-vous avec moi-même tous les jours, à cette heure », lance-t-il, continuant à soulever ses haltères. Cet athlète, qui a fait de sa passion son gagne-pain, a un emploi du temps où tout est millimétré. Il a juste 30 minutes pour se préparer et prendre son léger petit-déjeuner, et le voilà parti pour arriver au travail – au club Madafit – à 4 heures et demie. « Entraînement, coaching, pause déjeuner et autres obligations : c’est déjà le soir. Je termine à 19 heures. Le moindre décalage ou retard sur une activité a des impacts importants sur tout mon emploi du temps, voire sur mon état de santé », confie-t-il, sourire en coin. En fait, pour ce qui est du sommeil, le sportif ne négocie pas.

« À 22 heures au plus tard, je suis déjà dans les bras de Morphée. Le sommeil est important pour la récupération. C’est là que le métabolisme change, pendant le sommeil profond. Ce n’est pas la même chose si on dort le jour, car le sommeil profond se situe entre 23 h et 3 h du matin. En dehors de ce créneau, le corps reste plus ou moins éveillé », explique-t-il, en scientifique. Certes, et il le reconnaît, avoir ses huit heures de sommeil par jour n’est pas toujours possible quand on est adulte. Le travail et les autres obligations sociales, même le stress et les pensées qui nous taraudent, nous empêchent de bénéficier de ce privilège. C’est pour cela que Hajaina Junior s’accorde une petite sieste entre midi et deux, pour compenser une partie de ces minutes perdues pendant la nuit. « Certains de mes coachés n’ont pas le temps le matin, alors ils s’entraînent le soir. Mais si je pouvais conseiller un créneau optimal pour s’entraîner, je dirais le matin : le soir, le corps est fatigué, et même le sommeil peut être perturbé », martèle-t-il, insistant sur le fait que le jour est fait pour travailler et la nuit pour dormir. Premier debout, dernier fatigué ?

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : JuniorHajatiana

Joro Andrianjatosoa : Noctambule des lettres

La nuit appartient aux fous et aux écrivains, dit-on. Joro, le bibliothécaire de la Fondation H à Analakely, appartient à ce deuxième groupe. La nuit, dans le noir, il se sent plus apte à écrire. « En journée, je n’arrive pas à écrire, même si on m’y oblige », dit-il sans détour. Pour ce personnage qui côtoie les rats de bibliothèque, qui leur propose des livres à lire, le soleil est exclusivement consacré au travail et aux autres activités. « Tandis que la nuit est parfaite pour lire et écrire. La lune, avec sa lumière vaporeuse et diaphane, m’inspire », ajoute-t-il. Après des heures d’insomnie, Joro accouche de textes – à la fois personnels et d’actualité – incubés le jour. « Mais ce n’est que la nuit tombée que les mots me viennent. Et c’est comme par magie : je ne m’en rends même pas compte, des fois », confie-t-il. Le bibliothécaire documente, écrit et publie sur son mur sous le hashtag assez ironique #resaky_ny_tsy_mahita_tory (divagations d’un insomniaque).

« Je commence à écrire vers 19 heures. Certains textes me prennent cinq minutes, d’autres me gardent éveillé jusqu’à une heure du matin, même si ce ne sont que de petits posts de pas plus de 500 mots », chuchote-t-il. L’homme se réveille ensuite à cinq heures et demie pour aller travailler, et ainsi va sa routine. Pour ce passionné de livres et d’écriture, le jour suffit aux occupations et la nuit est faite pour s’évader. Les mots ne dorment jamais, il faut se rendre à l’évidence.

Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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