Gaëlle Tsirininofy : L’amour freestyle
23 février 2026 // Quiz & Actuel // 905 vues // Nc : 193

Ah, ce mois de février. Il y a de l’amour dans l’air. Ou, du moins, dans celui que respire Gaëlle Tsirininofy au milieu de ses roses, de ses lys et de ses bouquets soigneusement composés. Fleuriste de métier, elle vit la Saint-Valentin comme une journée intense, dense, entièrement dédiée aux sentiments… des autres. La sienne commence tôt, se termine tard, et laisse en bonus une bonne dose de fatigue. « Après une grosse journée à préparer les surprises des clients, c’est dans la soirée qu’on improvise », sourit-elle. Car pour Gaëlle, organiser, planifier, anticiper, c’est d’abord — et presque exclusivement — pour le travail. Les moments censés être réservés aux sentiments, à l’amour, au partage, elle les préfère libres, légers, sans agenda. Une petite promenade en ville pour dénicher un restaurant au hasard, un moment de repos, un dîner tranquille à la maison, un film ou un anime, et beaucoup de câlins : la formule lui va parfaitement. « Mais j’ai aussi la chance d’être avec quelqu’un qui m’offre souvent des fleurs ! » plaisante-t-elle, consciente de l’ironie délicieuse de la situation.

Dans son atelier, en revanche, Gaëlle est tout l’inverse. Méticuleuse, précise, rigoureuse. « Je pense que ce côté spontané vient surtout de mon impulsivité. Dans la vie personnelle, moins c’est préparé, mieux c’est ! Trouver l’équilibre entre ces deux traits — personnel et professionnel — m’a pris un bon moment », confie-t-elle. Et chez elle, cette spontanéité ne se limite pas au 14 février. Gaëlle sait transformer des journées ordinaires en moments extraordinaires, sans raison particulière. Un élan, une idée, une envie soudaine. C’est aussi dans cet esprit qu’elle aborde ses projets personnels cette année : peut-être un clip, des vlogs, des photos… Là encore, rien de figé. On verra bien où le vent l’emmène.

Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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