Finengo Mahasaky : La peinture sans rire
3 septembre 2022 // Arts Plastiques // 5747 vues // Nc : 152

Qu’il s’agisse d’humour ou de musique, Finengo Mahasaky est un touche-à-tout. La preuve, cette fois c’est à travers un autre médium qu’il choisit de s’exprimer, la peinture. Il avoue être tombé dedans un peu par hasard, après avoir passé quelques heures dans un magasin d’articles d’art. « Je suis tombé sur des toiles que je trouvais intéressantes. Un responsable du magasin m’a alors fait un topo sur le matériel nécessaire pour peindre, et cela m’a convaincu. J’ai fait des essais à la maison et depuis, je ne m’arrête plus. » En phase d’apprentissage et d’expérimentation, il aime particulièrement créer les couleurs et a opté pour l’acrylique, plus facile à utiliser car séchant vite. « C’est efficace car à la base, je ne suis pas du tout quelqu’un de patient », reconnaît-il.

Pour avancer, il doit faire faire pas de recherches, regarder toutes sortes de tutos et surtout écouter les conseils d’artistes peintres plus aguerris « Notamment Maherisoa Rakotomalala, dont j’apprécie le travail entre art digital et graffiti. »

Ses premières œuvres représentent l’espace, le ciel, la galaxie, les constellations… « Pendant le confinement, je me suis beaucoup intéressé à la méditation, cela fait partie de mes plus grandes influences mais cela ne m’empêchera pas d’aller vers d’autres horizons. »

Malgré ses débuts récents, les toiles de Finengo trouvent déjà des acheteurs. « Je suis vraiment étonné que cela plaise autour de moi. Je reçois même des commandes ! Tout cela m’incite à penser que j’ai trouvé ma voie à travers la peinture. » Un peu trop tôt pour parler expos, même si les idées ne manquent pas. « On me demande de combiner l’humour, la musique et la peinture, pourquoi pas ? Il y a tellement de choses à exploiter. »  


Aina Zo Raberanto

Afo maroloko
(30 cm x 40 cm)
Mama Sana (1900 - 1997)
Sur toile A4
Habaky by Habaka
(30cm x 30cm)
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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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