Edition : Le carnet de route se déploie
6 juillet 2025 // Que sont-ils devenus ? // 4688 vues // Nc : 186

En octobre 2023, No Comment présentait Ravaka Mihamina comme l’éditrice de magazines jeunesse. Aujourd’hui, les Éditions Karné, c’est un nouveau recueil de nouvelles, deux romans, des livres jeunesse qui traversent les frontières… et surtout, une détermination farouche à faire exister l’édition malgache, entre soutien institutionnel et marché difficile.

Un véritable local, des livres sur la bibliothèque de bureau. Depuis le dernier entretien, bien des choses ont changé chez les Éditions Karné. « La maison a publié deux romans, Lisy Mianjoria de Mose Njo et Restez vivant ! de Na Hassi », énumère Ravaka Mihamina. Côté jeunesse, plusieurs titres ont vu le jour avec le soutien de l’AFD dans le cadre du projet Ressources éducatives, dont Ikalamara, La Virgule rebelle ou À quoi ça sert les filles ?. En juin 2025, À la frontière des maux, un recueil collectif de nouvelles, est paru en partenariat avec le CGM.

C’est donc tout un écosystème du livre qui se met en place, même si Ravaka Mihamina reconnaît que l’engagement des bailleurs repose aussi sur des enjeux d’image. « Les ICC sont en vogue, et il y a une dimension RSE. » Un engouement que l’on retrouve ailleurs en Afrique, où le livre made in Madagascar se distingue par sa qualité visuelle. Cette reconnaissance dépasse les frontières : Il faut vaincre Trimobe sera publié au Kenya en juillet. « J’ai réalisé qu’il existait un véritable marché malgache du livre, qui commence à intéresser l’international », note Ravaka Mihamina. Mais les fragilités demeurent. La diffusion reste très inégale : certains titres atteignent l’étranger, mais pas le Vakinankaratra voisin. Le livre reste perçu comme élitiste, réservé aux librairies tananariviennes.

« Ce n’est pas un problème d’offre ou de demande, c’est un problème de promotion », martèle-t-elle. Certains enseignants ne savent même pas que Karné Mag existe. « Pour faire connaître nos livres, il faut des moyens », dit-elle, pragmatique. Malgré tout, l’éditrice estime avoir dépassé la phase de survie. Une version anglaise du magazine est en préparation. Et l’avenir s’écrit en trois axes : jeunesse, roman et parentalité.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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