Chef Lalaina Ravelomanana : La toque continentale
3 février 2026 // Que sont-ils devenus ? // 2490 vues // Nc : 193

Il ne cherche pas la lumière, mais la maîtrise. Depuis vingt ans, le chef Lalaina Ravelomanana taille sa réputation à coups de rigueur, de produits bien choisis et de silence assumé. Aujourd’hui, l’Afrique lui confie sa toque à la Coupe du monde des Traiteurs 2027.

Le chef Lalaina Ravelomanana n’est plus à présenter. Et encore moins aux fins gourmets. Discret par nature, peu friand de lumière tapageuse, il s’est pourtant imposé depuis près de deux décennies comme l’une des figures les plus incontournables de la gastronomie malgache. Une reconnaissance qui, désormais, dépasse largement les frontières de l’île. Le voilà nommé Ambassadeur africain pour la 10ᵉ édition de la Coupe du monde des Traiteurs 2027, prévue en France. Une consécration, mais surtout une responsabilité.

Dans l’immédiat, le chef présidera également la finale africaine de la compétition, dont Madagascar sera le pays hôte en juin prochain. Une étape stratégique : deux équipes y décrocheront leur ticket pour l’ICC 2027. S’il a été choisi par ses pairs et par la Confédération nationale des charcutiers-traiteurs, ce n’est pas un hasard. Son expertise culinaire, son parcours, mais aussi son influence dans le secteur traiteur ont pesé lourd. Sa mission principale est d’assurer la représentation institutionnelle, mais également de servir d’interlocuteur privilégié entre le CNCT et les milieux culinaires africains. À cela s’ajoutent la promotion des talents locaux et l’accompagnement des équipes engagées vers l’excellence. Rien que ça.

Mais avant les titres, il y a l’homme. Chef Lalaina se définit d’abord comme père de famille, un ancrage qu’il revendique sans détour. « Tout part de là », confie-t-il souvent. Sans formation académique classique, il entre très tôt en cuisine par la voie la plus exigeante qu’est le terrain. Observer, répéter, rater parfois, recommencer. « Si on brûle les marches, on rate le vrai apprentissage », dit-il avec ce sourire calme de ceux qui savent. Son parcours est jalonné de compétitions internationales, de distinctions et de prix. Parmi eux, le prestigieux Prix du plus beau buffet traiteur à Lyon en 2015, son intronisation à l’Académie Culinaire de France, ou encore son appartenance aux Disciples d’Auguste Escoffier à Madagascar. Mais derrière les trophées, il y a surtout le chemin. « Les échecs, les longues heures, les sacrifices… tout cela m’a construit », déclare-t-il.

À la tête de sa marque Lartistika et cofondateur du restaurant Le Marais, Chef Lalaina défend une cuisine exigeante, centrée sur le produit, sans dogme inutile. Transmission, rigueur et liberté créative forment son credo. Aujourd’hui ambassadeur, il avance sans emphase, mais avec une conviction intacte : représenter l’Afrique, c’est d’abord honorer ceux qui cuisinent dans l’ombre.

Lucas Rahajaniaina

Contact : https://www.instagram.com/lalaina_lartistika
https://www.facebook.com/lartistikamdg

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir