Betia : Radiovisionnaire
3 juillet 2025 // Musique // 10772 vues // Nc : 186

Sélectionnée à la phase finale de Radiovision 2025, la chanteuse Betia fait figure d’étoile montante sur la scène musicale internationale. Sa chanson « Time to live » est à deux doigts de toucher le sommet du monde. Betia monte le son !

©photo Betia

La chanson « Time to live » de la jeune artiste malgache n’a pas volé sa place dans ce concours mondial en ligne, ouvert aux artistes indépendants, et jugé par un panel international de professionnels de la musique. Sa mélodie accroche dès les premières secondes, portée par un rythme entêtant, à mi-chemin entre le funk et la pop. Et quand on apprend que le morceau a d’abord été pensé pour un autre concours de haut niveau, tout s’éclaire. « À l’origine, Time to live a été composé pour le concours Music Marvel, un concours américain dont j’ai eu la seconde place parmi 2600 participants du monde entier », raconte Betia. Autant dire que le morceau n’a pas été écrit au hasard. Ciselé pour séduire un public global, il s’adresse aussi à ceux qui, un jour, ont ressenti le besoin de lâcher prise. « Je ne peux pas plaire à tout le monde, je ne peux pas changer le passé, mais tout ce que je veux c’est le changement. Alors il est temps de juste vivre la vie à pleines dents. Ce qui viendra, viendra », chante-t-elle.

On ne s’étonne donc pas de voir « Time to live » séduire aussi bien l’oreille que l’âme. Il y a dans cette chanson une sincérité brute et une énergie communicative. Betia, elle, refuse les étiquettes. « Je ne me fige pas dans un rythme, je joue tout ce qui me fait vibrer : mélancolie, énergie, soul, blues, acoustique… », dit-elle avec cette spontanéité qui fait souvent les vrais artistes. Et du talent, elle n’en manque pas. En seulement trois ans, elle a raflé la première place du concours Airtel Madagascar en 2021, fini deuxième du Music Marvel en 2022, et assuré la première partie du concert de Dadju à Mahamasina. Depuis, elle enchaîne les spectacles et les scènes privées, traçant son sillon à pas décidés.

La finale de Radiovision aura lieu le 14 juin. L’échéance approche, mais Betia reste d’un calme désarmant. « J’ai été sélectionnée, et c’est déjà ça. Au moins, au-delà des frontières du pays, quelqu’un m’a entendue et a aimé ma musique », dit-elle avec un sourire qui en dit long. Plus que le résultat, c’est le chemin qui semble l’enthousiasmer. Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’ambition est bien là, toute nue, toute belle. « Qui ne rêverait pas de carrière internationale ? Que ce soit en Europe ou en Amérique », lance-t-elle, exaltée. Pour cette jeune malgache, le monde est à portée de voix.

Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir