Bamboo Lodge Comedy Club : Rire assuré !
1 décembre 2024 // Arts de la scène // 6462 vues // Nc : 179

Le Bamboo Lodge Comedy Club est le rendez-vous du rire à Antananarivo. Avec des scènes ouvertes pour permettre aux jeunes humoristes malgaches et aux jeunes talents de s’exprimer, et au public de s’amuser ! Rencontre avec Raytra, le MC de l’événement et Charles Lapeyronie, gérant du Bamboo Lodge à Antsahavola.

Pourquoi le Bamboo Lodge Comedy Club ?
Charles : Le Bamboo Lodge est un endroit d’échanges culturels au-delà d’être un hôtel-restaurant. Àmon retour à Madagascar en janvier, j’ai eu l’idée de lancer le stand-up. J’ai toujours été dans l’oral et dans l’humour. J’ai croisé Raytra, qui, malgré son apparence ;), est très sérieux ! Il est motivé et investipour être le plus grand stand-upper de Madagascar. On a commencé vers le mois de juin, et ça prend de l’ampleur petit à petit. C’est un concept dans l’air du temps, aux Etats-Unis ou en Europe. On a dédié ce lieu au Comedy Club, et on est confiant. On tient à avoir un public franco-malgache, les spectacles sont 50% en malgache et 50% en français.

Comment se déroule une « séance » du Comedy Club ?
Raytra : Tous les stand-uppers de Madagascar sont les bienvenus. Notre objectif, c’est de mettre en avant l’humour, et on aborde tous les sujets. Avant le vrai spectacle, il y a une scène ouverte. Ceux ou celles qui arrivent à tenir 10 minutes participent au prochain spectacle. On fait aussi des petits repérages durant les scènes ouvertes dans d’autres lieux culturels. Le Bamboo Lodge Comedy Club, c’est deux fois par mois, ce sera une fois par semaine à partir de ce mois de décembre, en afterwork tous les samedis de 18h à 20 h.

Une plateforme ouverte à d’autres disciplines ?
Raytra : À part le stand-up, on fait également la promotion des jeunes talents évoluant dans la danse, dans le slam, dans la musique, dans la magie… C’est pour leur donner une visibilité. On commence à voir l’engouement des jeunes et des femmes dans le stand-up.

Charles : Nous invitons les artistes des provinces. Ils peuvent être hébergés ici, au Bamboo Lodge.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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