Arikaomisa Randria : Il était une fois
4 novembre 2022 // Littérature // 7736 vues // Nc : 154

Écrivain, acteur, auteur de pièces radiophoniques, Arikaomisa Randria est un personnage qui s’illustre par sa voix et ses mots. Ses contes pour enfants se redécouvrent à travers des livres sonores destinés à promouvoir la lecture et la langue malgaches.

Sa passion pour la radio et l’écriture remonte à son adolescence. Il a commencé par un passage à Radio Madagasikara, à travers une émission destinée aux enfants intitulée Ny Talentako où il racontait ses contes. Plus tard, il anime sa propre émission, Angano, angano, arira, arira sur Radio Don Bosco, très écoutée par les Malgaches. Pendant onze ans, Arikaomisa Randria y a raconté mille et une histoires pour éduquer les enfants. « De 1997 à 2007, j’ai animé cette émission tous les jours. Même aujourd’hui, les gens veulent que je reprenne l’antenne. » Pour répondre à cette demande, Arikaomisa Randria a trouvé une alternative : un livre sonore, un projet mené par l’Édition Jeunes Malgaches pour promouvoir l’accès à la lecture. « Je voulais sortir un livre depuis longtemps, mais ça coûte cher. L’Édition Jeunes Malgaches m’avait proposé cette collaboration lorsque je racontais mes angano au Centre malgache pour le développement de la lecture publique et l’animation culturelle (Cmedlac) à Analakely, tous les mercredis. »

Aujourd’hui, Arikamosia Randria en est à son cinquième livre sonore dont le plus écouté est Rapeto sy ny valihany (Rapeto et sa valiha). Le dernier en date, paru en septembre dernier, s’intitule Ilay lolokely jejo (Le petit papillon coquet), illustré par Max Razafindrainibe et traduit par Brice Danoly-Nirina Rakotomanga. « C’est l’histoire d’un petit papillon qui était adulée par toutes les fleurs du jardin. Et donc il pensait qu’il était la plus belle créature de la terre. Moralité : il ne faut pas trop avoir confiance en soi, il faut savoir rester humble. » Un univers familier composé d’animaux, de fleurs, de plantes avec toujours une leçon de vie à tirer. L’écriture a toujours été un moteur dans sa vie. Pour progresser, il s’en remet à des associations comme Havatsa Upem et Faribolana Sandratra, dans les années 1990. « Mes rencontres avec Elie Rajaonarison, Rado, Celestin Andriamanantena… ont façonné mon style d’écriture. Ce sont de très belles expériences qui m’ont permis de m’ouvrir à d’autres univers. »

Chemin faisant, il se retrouve à écrire des pièces radiophoniques qui deviennent très populaires, le théâtre radiophonique – sorte de hira gasy hertzien  - étant un des moyens les plus utilisés pour faire passer des messages civiques en milieu rural. Avec des pièces comiques, policières ou dramatiques comme Ratsimitaha, Kotolita, Radera sy Ramely, Arikaomisa Randria aiment jouer avec les genres. Certaines histoires comptent entre 120 et 300 épisodes comme Ditra manadala, co-écrit avec sa femme, Enji-mpitia ou Onja Mahery. Cette dernière a été adaptée au cinéma et diffusée sur la chaîne Novegasy. « Parfois, je me retrouve aussi devant la caméra. Être acteur est aussi palpitant qu’écrire. » Mais son plus grand défi reste la transmission des savoirs. Avec d’autres écrivains et hommes de théâtre, il enseigne l’écriture, le kabary (art de l’éloquence) et le jeu d’acteur en théâtre radiophonique ou théâtre sur scène. Et dans toutes ses disciplines, le point commun reste la valorisation de la langue malgache.


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir