Sainte-Marie : Les femmes-pirates à l’abordage
2 mars 2026

À l’occasion de la Journée internationale de la Femme, le 7 mars 2026, la Taverne des Pirates, à l’Île Sainte-Marie, propose une soirée immersive mêlant théâtre, gastronomie et fête. Après le succès du spectacle vivant du 14 février, l’établissement revient avec une deuxième édition dans son concept de piraterie, revisité pour l’événement. Le public est invité à un dîner-spectacle, ouvert sur réservation uniquement, autour d’un menu spécial conçu par le Chef Gervais. L’ambition : offrir une expérience complète, entre narration scénique et moment convivial.

La soirée débutera par la projection d’un court film d’introduction. Une immersion cinématographique destinée à plonger les spectateurs dans l’univers des pirates, avec un message centré sur la place et la puissance des femmes dans la société. Les pirates feront ensuite irruption dans la salle pour une séquence d’environ dix minutes. Confrontation, revendication, humour et émotion rythmeront ce premier acte, où les femmes pirates affirment leur voix, leur indépendance et leur égalité.

Après cette entrée en matière, place au dîner. Les convives partageront un moment autour d’un menu spécialement élaboré pour la soirée, dans une ambiance musicale douce et immersive. Le spectacle reprendra ensuite avec intensité. Le scénario évoluera vers un tournant symbolique axé sur l’équilibre, le respect et la reconnaissance des droits des femmes.

La clôture s’annonce festive : les pirates femmes prendront le pouvoir de la scène à travers une danse finale, animée par la DJ Mimie, invitée pour faire vibrer la salle. Une soirée qui promet d’allier engagement et divertissement, dans un cadre original au cœur de Sainte-Marie.

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Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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