Zouzou Dago : Rien ne se perd !
2 février 2018 - La mode Styliste commentaires   //   721 Views   //   N°: 97

Créée en 2014, Zouzou Dago est une marque de vêtements avant-gardistes et activistes qui œuvrent pour les causes environnementales et sociales. À travers des créations originales qui valorisent le « bemiray » (patchwork malgache) et le plastique, Herizo Robin veut éveiller les consciences face aux dérives du tout-consommation.

L’industrie de la mode est le deuxième plus gros pollueur mondial après celle du pétrole. Une réalité qui n’a pas échappé à Herizo Robin, Sustainable Designer (designer durable) et fondateur de la marque Zouzou Dago. Pour ce créateur, mode n’est pas synonyme de strass et paillettes. « Les gens ont une image de la mode assez restreinte. Il pense que c’est un domaine futile où tout est beau et parfait, c’est une conception un peu datée. La mode est un médium qui peut bouleverser les mœurs. »

Plus qu’une forme d’expression artistique, la mode est pour Herizo Robin un outil de revendication politique, et pour cause ! ZouzouDago est une de ces marques qui luttent contre la surconsommation et qui prêche le « zero waste » (zéro gâchis), cette démarche de plus en plus en vogue qui vise à réduire la production de déchets.

C’est grâce aux rencontres qu’il a faites aux quatre coins du monde qu’Herizo Robin a fini par trouver sa voie. Après avoir étudié le fashion design à Paris et à Montréal, il décide de mettre le cap sur Berlin. Durant cette période, il a une révélation et choisis d’œuvrer dans le « durable ». « J’ai été inspiré par les designers européens que j’ai côtoyé. Certains d’entre eux recyclaient le caoutchouc récupéré sur les bateaux échoués des réfugiés de guerre pour en faire des sacs à mains. »

En dépit de ces nombreuses expéditions à travers le globe, il n’a pas oublié ses racines. À travers des œuvres avant-gardistes, fruits de sa créativité sans bornes, il met un point d’honneur à valoriser les tissus artisanaux de Madagascar, notamment le lin, la soie et le bemiray (patchwork), qu’il affectionne tout particulièrement. Le plastique fait également partie des matières phares du créateur. « On recycle très peu le plastique alors qu’il est très polluant. Le recycler est une manière pour moi de dire non à cette matière. » L’assemblage de ses matériaux permet à Herizo Robin de créer des modèles graphiques originaux. Par exemple, l’indémodable petite robe noir prend des allures futuristes et joue sur la fluidité du plastique.

Avec comme mot d’ordre l’écoresponsabilité, Herizo Robin a choisi de travailler en collaboration avec l’entreprise sociale Zero Hero à travers le projet « Trashure » pour se fournir en matière première. Ensemble, ils collectent les chutes de tissus des industries textiles du pays et recyclent le plastique usagé. « Nous utilisons les déchets pour leur redonner une seconde vie et les embellir. » Rien ne se perd tout se transforme !

Herizo Robin prévoit actuellement de se lancer dans la réalisation d’un projet culturel avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) Madagascar, et prépare une campagne publicitaire en collaboration avec la photographe Maya Fuhr. Pas le temps de chômer !

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