Zo Ramaromisa : Born to boogie funk !
18 décembre 2017 - Diaspora Hexagone commentaires   //   461 Views   //   N°: 95

Plus de cinquante balais au compteur. Chanteur du groupe Ameega, Zo Ramaromisa est un pur possédé de funk. Un style qu’il a même trouvé à malgachiser au début des années 1980 à travers le terno ! S’il a tenté toute sa vie d’apprivoiser le funk, c’est le funk au final qui l’a dompté. Freeesh !

Pourquoi le funk ?
D’abord, j’ai toujours baigné dans la musique. Mon père animait des programmes musicaux sur la RNM (Radio nationale malgache) dans les années 1970 avant de passer à la production. J’ai donc été aux premières loges quand sont arrivés les Mahaleo, Popkin, Papa James ! Ensuite, j’ai toujours été un fan de soul façon Tamla et de tout ce qui est arrivé dans la foulée, le funk, le disco, l’electro. Mais pour moi, le funk est LE style qui frôle la perfection. A Mada, je composais déjà des titres en anglais au sein d’un groupe qui s’appelait « officieusement » Oscar & Bravo. En 1983, j’ai quitté le pays pour poursuivre en France des études en langues étrangères. Au départ je voulais être traducteur, mais le funk m’a rattrapé.

Le funk ou le terno ?
Les deux, j’avoue ! C’a toujours été un dilemme pour moi. J’ai créé le terno vers 1982 à partir du funk, le mot est la contraction de « ternaire » et « electro ». Un style qui mélange les rythmes malgaches traditionnels ternaires au funk. Avec l’adjonction d’instruments électroniques comme les synthés. Le concept au départ était totalement improbable, mais c’est en train de devenir enfin, en 2017, une possibilité ! J’ai d’abord cherché à intégrer les deux styles au sein de ma formation initiale, Ze Smile. En 1993, on a même produit une maquette qui avait la particularité de combiner du funk en anglais sur une face et du terno en malgache sur l’autre. Mais c’est quand même le grand écart ! J’en suis venu à la conclusion qu’il valait mieux les séparer avec Ze Smile qui est dédié exclusivement au terno et Ameega, créé en 1997 (aujourd’hui, Marc Gyver, David Hiebel, Martina Bertrand, Johary Andriamisaina et moi-même), qui fait du funky pur et dur.

Ameega, le groupe malgache qui cartonne aux États-Unis !
Yeah, true ! Le plus gros de notre public se trouve du côté de Los Angeles. Là-bas, on nous appelle the last Mohican of Boogie Funk, le dernier des Mohicans du boogie funk, quel compliment ! Tout cela grâce à l’association culturelle malgache Kooloy Project qui nous a permis de faire deux tournées américaines à LA en 2012 et 2015. Là-bas, des titres comme Funkysize Now Babe, Give Me A Pinch et I’m Willing trouvent vraiment leur public ! D’ailleurs on prépare notre troisième tournée en Californie, toujours avec Kooloy Project.

Ton rapport à Mada après toutes ces années ?
Il n’a pas changé d’un iota. Je suis Malgache et chaque fois que j’y reviens, je suis chez moi, entouré de ma famille et mes amis éternels. Le retour ? J’y pense. Dès que possible ! En attendant, on aimerait créer des événements musicaux, on est ouverts à toute collaboration avec tous ceux qui désirent faire partager le funk et le terno ! No more comment and keep… Fressh !

Propos recueillis par #KoléaneFoxonet

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