Vako Urban Mozika : Quand le vako se met à l’urban !
2 novembre 2017 - Cultures commentaires   //   322 Views   //   N°: 94

Deux rappeurs accompagnés de musiciens en « malabary », on ne voit pas ça tous les jours ! Mais quand deux vétérans du rap du calibre de Jento et Laz décident de se ressourcer aux rythmes de l’Imerina, ça donne ça. Ce mélange inattendu de ghetto et de « vako-drazana » plus typique tu meurs !

Tazana Kely (Petit aperçu), le premier single du duo de choc formé par Jento et Laz a débarqué sur la Toile tel un OVNI sur la planète rap ! Il aura fallu pas moins de trois ans au tandem pour concrétiser son rêve, celui créer un groupe dans lequel pourrait fusionner musiques urbaines et traditionnelles, dont ce bon vieux « vako-drazana ». Un rapprochement farfelu à première vue mais pas impossible, et le duo le prouve avec Vako Urban Mozika. Évoluant depuis 20 ans sur la scène locale, les deux compères ne sont plus à présenter aux inconditionnels du rap first gen.

Pour ceux qui sont nés d’hier soir, Jento a fait ses armes au sein des mythiques Da Hopp. Laz vient, lui, du clan Bogota. Difficile de faire mieux niveau antécédents ! Nourris à la zikmu du ghetto, ils n’en sont pas moins imprégnés, depuis toujours, de rythmes locaux. D’où cette synthèse hautement improbable entre le vako-drazana de l’Imerina et l’urban sound actuel. « Nous avons été bercés par les chants du hira gasy (théâtre paysan) durant les cérémonies de famadihana (exhumation des morts). En grandissant, nous avons découvert le rap et ses textes, mais nous n’oublions pas d’où nous venons » explique Laz. « Nous voulons sortir des sentiers battus, pas faire dans la copie Rank Xerox » , ajoute Jento.

Accompagné par les mpihira gasy (chanteurs de hira gasy) du groupe Akondiary, le duo a donc sorti en août 2017 ce Tazana Kely qui n’est autre qu’une reprise de la chanson de Bao Angèle, un pilier du vako-drazana d’antan. Ce clip n’a laissé personne indifférent et ça se comprend ! Deux rappeurs « streetwear » accompagnés de musiciens en malabary (tunique paysanne), satroka penjy (chapeau de paille) et lamba (tissu traditionnel), on ne voit pas ça tous les jours sur les hauts plateaux !

Amateurs de grands écarts et acrobaties diverses, vous aimerez ces croisements de haute voltige entre les traditionnels bapampa (trompettes), sodina (flûtes), aponga (tambours), et les scratchs, grosses caisses et autres boom bap sortis des ghettos urbains. Avec bien sûr l’esprit de Da Hopp et du clan Bogota à travers ces textes « conscients ». Comme le titre Madagasikara (Madagascar), un vibrant hommage au pays dont le traitement mi-trad mi-urbain le rend accessible à toutes les générations.

En dehors de la préparation de son premier album, le duo prépare un autre collage inattendu avec des breakdancers de la troupe Street Fighter Lost Kids et des danseurs de velan-tanana (traditionnel) pour le clip du titre Raha misy fifaliana (Si tu es heureux). Je veux, mon neveu, qu’on est heureux !

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