Un jeune sur deux est sous-employé
7 août 2018 - Tribune commentaires   //   385 Views   //   N°: 103

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La population malgache est composée de 62 % de jeunes entre 15 et 30 ans. On dit toujours qu’ils sont l’avenir de ce pays. Pourtant, le système éducatif et politique ne leur donne pas les moyens de s’épanouir. Si ce problème persiste, l’avenir s’annonce très mal pour les générations à venir.

Confrontés dès leur plus jeune âge à la vie active, les Malgaches rencontrent de nombreuses difficultés. Le système éducatif n’est pas très favorable à l’épanouissement des jeunes. Le budget alloué à l’éducation nationale est insuffisant, soit de 1,7 % à 14 % du Budget général (2016-2017). Aussi, le niveau de scolarisation des jeunes est faible : 3 % réussissent à passer au niveau supérieur, 40,1 % achèvent le secondaire, 40,5 % terminent le niveau primaire et 16,5 % ne sont jamais scolarisés. Pour cause ? Les Malgaches sont pauvres. De plus, en raison de notre dépendance aux financements étrangers, les accords passés ont conduit à des dispositions techniques inadaptées à nos réalités. Les ouvrages à étudier sont, par exemple, généralement en français. C’est inadéquat puisque seuls 0,57 % de la population parle le français. Aujourd’hui, le système éducatif est également fragilisé par la situation politique. Les enseignants sont en grève à cause d’indemnités non payés. Le calendrier scolaire est perturbé et certains craignent l’année blanche.

L’orientation scolaire est à renforcer. D’après un sondage de 2017, beaucoup de jeunes n’ont pas de conseil d’orientation pour les aider à définir leur voie professionnelle. Après avoir obtenu leur baccalauréat, il leur arrive de ne pas savoir quelle filière suivre. L’inadéquation formation/emploi pose aussi problème. Il existe à Madagascar de nombreuses formations générales (droit, gestion, économie, médecine, etc.) et très peu de filières professionnelles. Ainsi, 48,4 % des jeunes ont des problèmes de connaissances et de capacités et 12 % se sentent surqualifiés. Aujourd’hui, un jeune sur deux est sous-employé (payé en dessous de 98 700 ariary par mois) et neuf jeunes travailleurs sur dix sont dans l’informel.

La Politique nationale de la jeunesse (PNJ) a été actualisée depuis 2017 (Loi n° 2015-038). Dans la mise en œuvre de cette politique, on décide essentiellement au ministère central à Ambohijatovo et les directions régionales n’ont pas beaucoup d’influence. Il serait plus adéquat de donner plus de responsabilité aux jeunes et aux collectivités. Il est temps d’impliquer les jeunes dans tous les processus de décision et à tous les niveaux. L’État ne doit jouer qu’un rôle d’accompagnateur. Par ailleurs, l’éducation civique et politique est lésée dans la PNJ. Il est pourtant nécessaire d’apprendre à nos jeunes à s’engager dans la politique.

L’Observatoire de la jeunesse intervient au niveau stratégique. Il mène une veille citoyenne à travers des documentations, des études et des analyses sur les jeunes à Madagascar. Il faut passer par cette étape pour savoir quelles actions pertinentes entreprendre vis-à-vis des jeunes. Nos données servent aux décideurs étatiques, aux organisations non gouvernementales et aux jeunes eux-mêmes. L’Observatoire organisera dans la semaine du 13 août la célébration de la Journée internationale de la jeunesse à travers des expositions et des conférences. Les débats seront chauds !

Lanto Ratsida
Observatoire de la jeunesse

Créé en 2013, L’Observatoire de la jeunesse est une association de recherche et de veille citoyenne sur le monde de la jeunesse. Il milite pour une prise de décision rationnelle en faveur des jeunes malgaches.

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