Suzelle Ravololomihanta : Son journal intime enfin dévoilé !
6 juin 2017 - Médias commentaires   //   6652 Views   //   N°: 89

Depuis 25 ans, « Diary » est une émission phare de la Radio nationale malgache (RNM). Chaque matin, durant 13 minutes, Suzelle Ravololomihanta rappelle les événements nationaux et internationaux qui ont marqué ce jour. « Standing ovation » pour une grande dame de l’audio-visuel malgache !

Un rendez-vous matinal pour tout un pays. Autant dire une institution depuis 25 ans. Chaque jour à 6 h 20, tout ménage malgache digne de ce nom reçoit chez lui l’indicatif de Diary avec le titre Where The Rainbow Ends de Tommy Whistler. Tout le monde sait, enfants comme adultes, que c’est Diary – prononcez-le à la française ou à l’anglaise, on s’en fout ! -, l’émission de Suzelle Ravololomihanta. Pour les enfants, ce générique signifie hélas ! qu’il faut partir pour l’école, mais plus tard ils y repenseront avec nostalgie. Pour ceux qui restent à la maison, c’est le moment d’un point de culture jamais inutile quand on voit les tonnes d’imbécillités balancées chaque jour par les médias audio-visuels, presse écrite incluse !

Avec sa voix de gorge un peu grave, toujours si prenante, la conceptrice et présentatrice de l’émission fait un rappel des événements qui ont marqué ce jour dans le passé. Avec ce souci louable en ces heures de mondialisation intense de toujours mettre en valeur un événement malgache à côté d’une personnalité internationale ou d’une grande invention ayant marqué le monde.

Diary en anglais signifie littéralement mémoires ou journal intime. On y retrouve aussi bien les événements les plus dramatiques que les plus insolites. « Je ne me censure pas dans le choix des sujets, l’important est que ça ait un sens et un intérêt pour la culture générale des auditeurs », confie Suzelle Ravololomihanta, éclatante dans la fraîcheur de ses 70 printemps.

A l’époque, en 1992, personne à la radio ne croyait en une telle émission. « J’ai proposé l’idée à tout le personnel de la RNM, mais personne n’a manifesté le moindre intérêt pour Diary. En tant que responsable de l’Antenne n° 2 (N.D.L.R. chaîne en français qui n’existe plus depuis 2009), je l’ai quand même prise parce que j’y croyais, et j’ai vraiment galéré pendant les trois premiers mois de l’émission », se souvient Suzelle Ravololomihanta. Fière cependant des retours positifs qu’elle a ensuite reçus, de telle sorte que Diary est vite devenue une institution nationale. Une leçon pour les bécasses qui font de la radio entertainment comme on dit aujourd’hui !

Retraitée depuis 2002, Dame Suzelle continue à présenter son émission fétiche : « Je ne passerai la main que quand je trouverai une personne qui saura donner de l’importance à cette émission comme moi-même je lui en ai toujours donné. » Avis aux amateurs ! Dans le paysage audio-visuel malgache, rares sont les émissions qui défient les années et encore moins les décennies. « On se donnait à fond pour chaque émission, on travaillait pour l’éducation des auditeurs, je ne suis pas sure que ce soit encore le cas aujourd’hui », estime Suzelle Ravololomihanta. Nous non plus, Suzelle, c’est ça le pire !

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