Surfin’ Tolagnaro
2 juillet 2014 - Loisirs Sports commentaires   //   5971 Views   //   N°: 54

Nouvelle vague

D’immenses spots vierges, dont certains en plein centre-ville, des alizés favorables presque toute l’année, la capitale de l’Anosy cumule les atouts pour devenir le nouveau rendezvous branché des surfeurs et kiteurs du monde entier. Saurat- elle prendre la vague en marche ? 

Surf, windsurf, kitesurf, Fort- Dauphin (Tolagnaro) est-il en passe de devenir le nouveau must-see de la glisse à Madagascar ? Certains ne sont pas loin de le penser. Comme Hendrick, un jeune Sud-Af du Cap, croisé de bon matin sur la plage Monseigneur alors qu’il s’apprête à s’élancer dans les rouleaux, shortboard et bermuda de rigueur. « C’est la troisième année consécutive que je viens. L’intérêt est que tu peux surfer en plein centre-ville, en t’y rendant à pied de ton hôtel. Les baies sont immenses, presque pas fréquentées. Il y a presque tous les jours du vent, et surtout il n’y a pas de requins ! » Une fois qu’il aura épuisé les classiques intra muros de Fort-Dauphin : la baie des Cochons, la baie des Épaves (au pied du fort), le lac de Vinanibe, il compte descendre en 4×4 sur Lavanono à 250 km d’ici -« l’endroit rêvé pour le funboard » -, pour finir sur la côte Ouest avec les « superbes spots de reef » d’Anakao. Bref, un vrai fondu ! Pour Tsilavo qui gère Le Monseigneur Bay Surf Club, une cabane en planches posée sur la plage au milieu des pêcheurs d’huîtres, Hendrick est typiquement le bon client.

C’est lui d’ailleurs qui le mènera à Lavanono puisque son job complet est « surfeur accompagnateur », un peu rasta aussi !

Né à Tana il y a une trentaine d’années, il est arrivé ici en 1995 et a lancé son club en 1999. À la base une association de jeunes regroupant actuellement une quinzaine d’adhérents. Rien de folichon au niveau des cotisations, sans les touristes, il lui serait bien difficile de s’en sortir. Malheureusement, depuis la crise de 2009, il n’y en a plus beaucoup dans le coin, surtout les Réunionnais qui constituaient le plus gros de la clientèle. Même l’hôtel Le Petit Bonheur tenu par Réza, en surplomb de l’autre côté de la route, fait triste mine avec ses 23 chambres désespérément vides. « C’était un peu le QG des surfeurs. Des groupes entiers de Réunionnais ou de Sud -Africains y descendaient. Ça se finissait souvent à minuit sur la plage Monseigneur à jouer de la guitare en grillant des langoustes », se souvient Tsilavo. Le Monseigneur Bay Surf Club propose à la fois des activités de windsurf (planche à voile) et de kitesurf (planche avec cerf-volant) avec entraînement progressif : initiation tranquille au spot Monseigneur, premiers exercices en solo à la baie des Galions et grand lâcher des fauves à Vinanibe en fin de stage ! Et pourquoi pas prendre part un jour à une compétition internationale de surf ? Comme lui en 2010, à Saint-Leu de la Réunion, où l’équipe malgache s’est tout de même classée en demi-finale. « C’est là que j’ai rencontré le grand Rob Machado, le champion américain. Il m’a dit : hé mec, à voir comme tu rides la vague, je suis sûr que ce doit être génial à Fort-Dauphin ! »

Si le surf est une passion, il arrive aussi qu’il mène à l’amour. Témoins Olive et Julia, les tout nouveaux responsables du Centre nautique et de loisirs de Vinanibe dont la réouverture est programmée pour septembre. Lui est Français et comédien, elle Malgache et professeur de collège. Il n’en fallait pas plus pour qu’ils se rencontrent à Fort-Dauphin : Olive a l’habitude d’y surfer depuis quelques années, après avoir pas mal pratiqué au Brésil. Détenteur du brevet de l’International Kiteboarding Organization (IKO), il est sans doute le moniteur le plus à même d’enseigner le kitesurfing à Fort-Dauphin. « Il faut être à cheval sur les consignes de sécurité.

Une utilisation inadéquate du matériel peut rendre cette activité dangereuse, même si l’équipement s’est beaucoup amélioré ces cinq dernières années. » C’est pour cette raison qu’il ne travaille qu’avec un seul élève à la fois, sachant qu’il faut deux heures pour assimiler les rudiments, mais dix heures pour maîtriser le cerfvolant. Un sport qui, toujours pour des raisons de sécurité, ne se pratique qu’à partir de 40 kilos, en gros à partir de l’âge de 13 ans. Mais quelle sensation quand le cerf-volant vous arrache de la vague et vous propulse dans les airs (record du monde : 121 km/h !)

« Pour les kiteurs, Vinanibe est vraiment le meilleur spot de Fort-Dauphin et sans doute l’un des meilleurs de la région. En plus, comme on a pied partout et que les fonds sont sablonneux, c’est complètement sans danger. » En reprenant la gérance de la base nautique, Olive et Julia ont trouvé une infrastructure hôtelière déjà tout installée et qui ne demande qu’à repartir, car là aussi la crise a frappé. Des bungalows de caractère, un restaurant, un bargrill, une jolie plage bordée de dunes, tout est réuni pour relancer ici, à moins de10 km du centre-ville, l’activité surf et loisirs. Tel est bien le pari de Fort-Dauphin aujourd’hui : se donner les moyens de surfer à nouveau sur la vague du succès. 

 

Monseigneur Bay Surf Club (Tsilavo) : tsilavo@yahoo.fr – 032 53 098 75
Centre nautique et de loisirs de Vinanibe (Olive & Julia) : oliverflame@wanadoo.fr – 034 48 653 48

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