Steve Madagascariensis : Espèce rare !
3 juillet 2019 - Cultures commentaires   //   287 Views   //   N°: 114

Steve Madagascariensis fait du reggae. Si sa musique prône la paix et l’amour, ses paroles n’en sont pas moins d’une rare violence quand ils traitent des maux de la société malgache. Toujours dans un état d’esprit de révolte, il donnera un concert au Jao’s Pub à la fin de ce mois. Chaud devant !

Avec ses longs dreadlocks, Steve Ramariavelo a cette dégaine convenue des artistes reggae. À 31 ans, il a l’air d’un homme de paix et d’amour. Pourtant, il envoie du lourd dans ses textes, et c’est rien de le dire ! Il faut dire qu’il a commencé dans le rap et qu’il n’a pas oublié cette manière d’écrire toujours très énervée. « Ma musique est du reggae mais mes textes sont enragés et sans censure. Ils reflètent les problèmes sociaux à Madagascar comme le délestage, les abus de pouvoir ou encore les problèmes de drogue. » Steve parle de tout ce qui ne va pas à Madagascar, comme un exutoire à ses propres galères. La preuve, en 2016, il a dû surmonter un problème personnel très grave. « On a perdu notre fils qui n’avait que dix jours à cause d’un problème respiratoire. Il nous a quittés lors du trajet vers l’hôpital. J’ai ensuite écrit une chanson mais je ne l’ai pas sortie. Elle était trop triste. Je préfère extérioriser mon chagrin à travers des chansons de révolte et qui traitent des problèmes propres à notre société. »

Le côté « vita gasy » de son personnage est appuyé par son nom de scène : Madagascariensis. « C’est le nom scientifique associé aux espèces endémiques de Madagascar. Je l’ai choisi pour prouver que notre musique reflète notre identité tout aussi menacée. Je suis tout à fait conscient que le reggae est une musique empruntée à la Jamaïque, mais je l’adapte à ma sauce. » Sa recette : du reggae saupoudré de sonorités du Sud et du Nord. La chanson Miandry fa gasy (On attend car on est Malgaches) vibre au rythme du marovany du Sud, quant à Vola (Argent) c’est du raggamuffin fusionné avec du bahoejy du Nord. Ces influences traditionnelles sont inspirées de son vécu. Tout petit, il a habité à Sambava au nord-est, puis Tana à partir de1999. « J’ai toujours été curieux de notre diversité musicale. Aujourd’hui, je fais des recherches sur le tsapiky reggae. »

À 12 ans, il apprend la guitare avec sa mère, car il est d’une famille de musiciens, ses parents ont leur propre groupe. « Quand j’étais petit, mon père mettait toujours les cassettes des grands noms du reggae comme Bob Marley ou Alpha Blondy. J’ai grandi dans cette ambiance. » Après avoir obtenu son bac, Steve se lance à son tour dans la musique. D’abord dans le rap puis dans le reggae en 2008 quand il fonde son propre groupe de reggae, Jah Steve qui deviendra Steve Madagascariensis quelques années plus tard. Son groupe est passé sur plusieurs scènes comme celles du Fianar Reggae Festival, de l’Unity Concert, du Dago Festival ou encore du no comment® bar. Il donnera un concert au Jao’s pub vers la fin de ce mois. Le groupe prépare aussi son premier album, toujours avec des textes de rebelle !

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