Stéphanie Razafimanantsoa : Malgache avant tout
1 avril 2016 - Hexagone commentaires   //   2294 Views   //   N°: 75

Elle a débarqué en France toute jeune, il y a plus de trente ans. Si dans son pays d’adoption elle a pu saisir de nombreuses opportunités qui lui ont permis de s’épanouir et d’élever ses deux filles, elle demeure malgache dans son art de vivre. 

« Je garde de la culture malgache une façon d’être optimiste et de cultiver la notion d’entraide. La famille représente une valeur forte : mes nièces et neveux sont, à mes yeux, comme mes propres enfants. » En dehors du cercle familial, par exemple au sein d’associations pour l’animation de son petit village de résidence, les expériences sont parfois douloureuses. « Beaucoup de gens sont un peu trop égoïstes en Europe. »

Que de chemin parcouru par cette famille qui fut tout d’abord accueillie au centre de rapatriés à Vaujours, en banlieue parisienne, avant de connaître d’autres foyers d’accueil. Le père de Stéphanie, ancien professeur, et son épouse n’ont pas hésité à accepter toutes sortes de petits boulots afin d’assurer leur survie et celle de leurs six enfants. « Je suis très fière de mes parents. » Ce couple est revenu en 2013 d’un voyage à Madagascar extrêmement choqué par la misère qui partout leur a sauté aux yeux…

Stéphanie Razafimanantsoa garde pourtant toujours l’idée de revenir un jour dans son pays natal. « Aurais-je eu la même vie à Madagascar ? » s’interroge cette commerçante d’Agen qui dirige aujourd’hui une boutique de chocolats de l’enseigne franchisée Jeff de Bruges. Elle nous confie avoir souffert, jeune, de la différence liée à la pauvreté relative de sa famille mais jamais, en aucun cas, de ses origines. « Si je revendique mes attaches et ma culture malgache, je me sens aussi française. » 

Texte et photo #RichardBohan

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