Stéph’Aina en mode durable
13 septembre 2016 - Déco La mode commentaires   //   1757 Views   //   N°: 80

Concilier le chic et l’écolo, une seconde nature pour la fashion designer Stéphanie Aina Raharijaona. Sa nouvelle ligne de création baptisée « Art déco » se réclame plus que jamais d’une mode éthique et responsable.

Au-delà de sa participation à Naturellement Urbain en 2011, événement qui fut un véritable tremplin pour les stylistes, modélistes et créateurs de mode malgaches, c’est son passage à l’Ethical Fashion Show à Paris en septembre 2012 qui a été pour elle une consécration. Il faut dire que ses chaussures à talons compensés fabriqués à partir de corne de zébu et de bois sculpté ont fait le buzz dans ce qui est tout de même le plus grand salon de la mode éthique en Europe !

Éthique, Stéphanie Aina Raharijaona l’est à plus d’un titre. Autant qu’éco-responsable. « Je suis du côté de la vie », relève-t-elle avec humour comme pour rappeler que dans Stéph’Aina, le nom de sa marque, il y a aussi aina (vie en malgache). Sachant que nous consommons les ressources de cinq planètes alors que nous n’avons qu’une seule Terre à notre disposition,

tout son travail de styliste consiste précisément à moins pomper sur l’environnement. « Dans le domaine de la mode, cela signifie que je vais privilégier les matières écolo, bio ou recyclées. » Ce qui est loin de brider sa créativité comme le montre cet étonnant abat-jour réalisé à partir d’une chaussure ! Novatrice, inspirée, un rien provocatrice, c’est ce qui se dégage de cette nouvelle ligne de création qu’elle a choisi d’appeler Art déco, comme un salut au modernisme des Années folles qu’elle admire.

Née d’un père gréco-arabe et d’une mère malgache, la jeune femme a grandi en France avant de s’installer dans la Grande Île dans les années 2000. Elle la parcourt assidument, en quête de matériaux typiquement locaux comme la nacre dorée, la corne de zébu, le cuir de vachette, de mouton ou encore le bois d’ébène.

Et tout cela, sous ses doigts, se transforme en bougeoirs en forme de troncs d’arbres, en tables basses recouvertes de nacre, en luminaires en corne de zébu… « Je suis fascinée par la corne de zébu qui permet d’obtenir toutes sortes d’effets de matières, façon plastique ou bois par exemple, avec ses couleurs qui vont du noir intense à l’ambre clair en passant par tous les gris et les ocres. » Toujours dans le souci de diminuer l’empreinte écologique, elle multiplie les gestes éco-responsables comme de travailler les chutes de bois précieux plutôt que de déraciner un arbre. La sagesse même.

Une dizaine d’artisans l’assistent à l’atelier, cordonniers, ébénistes, sculpteurs, peintres et marqueteurs. « J’aime puiser dans le savoir-faire traditionnel. D’ailleurs je me rends compte qu’il y a encore plein de techniques peu connues à mettre en valeur comme le macramé, la broderie ou le tissage. » Donner de l’emploi local, garantir un salaire décent, respecter les droits des travailleurs, c’est à ce genre de détails qu’on reconnaît le créateur éthique. Éthique mais pas toc, comme le montrent ses dernières réalisations que devraient bientôt abriter deux show-rooms, l’un à Tana, l’autre à Paris. Appelez-moi la responsable !

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