Stella Andria : « J’ai retrouvé mon âme d’enfant »
10 septembre 2018 - Cultures commentaires   //   147 Views   //   N°: 104

Son atelier à Ambatobe respire un univers féminin gravé de paillettes et de couleurs chaudes. Stella Andria, peintre de 33 ans, partage ses visions de femme libre et épanouie. Elle expose à l’hôtel Ibis en ce mois de septembre.

Votre marque de fabrique ?
Mes œuvres sont à l’image de ma personnalité. Une explosion de couleurs pétillantes, beaucoup de fantaisies (paillettes, plumes, papillons, etc.) et toujours dotées d’un grain de folie. Je préfère peindre sur des formats non conventionnels comme du trapèze ou du quadriptyque. Ma spécialité est le recyclage-collage pour donner du relief à mes tableaux. J’y colle des objets récupérés comme des carte-mères de téléphone, des chutes de tissus, des jutes, des graines ou encore des plumes de paons. Ces dernières sont mes préférées. Selon la mythologie grecque, les plumes de paons incarnent la déesse Héra, protectrice de la femme et de la fécondité. Mes œuvres sont, en effet, une ode à la féminité. Comme avec mon tableau « Queen Kaiila » et son corps marqué par les vergetures dues à la maternité, ou encore avec « Graines de cœur » qui représente l’envol et la liberté de la femme.

Vos tableaux respirent le monde féerique. Pourquoi ?
Je suis issue d’une famille d’intellectuels. Ils s’attendaient tous à ce que je mène une brillante carrière comme eux mais mon côté créatif n’a jamais été à l’aise avec cette idée. J’ai quand même suivi des études et j’ai eu mon diplôme de master en sociologie en 2009. J’ai alors créé mon entreprise d’import-export. J’ai tout laissé tomber en 2013 après ma séparation avec mon mari. Depuis, je me suis abritée dans ce monde féerique pour retrouver ma joie de vivre. Je me souviens de la première fois où j’ai pris une toile vierge pour y éclabousser des couleurs rose et bleu sur lesquelles s’affichent douze étoiles dorées. Rose pour la féminité et bleu pour la liberté. J’ai réalisé ce tableau avec mon ami peintre Maherisoa. On l’a baptisé « Poussière d’étoile ». En peignant mes œuvres, j’ai retrouvé mon âme d’enfant joyeux et libre.

Le tableau dont vous êtes le plus fière ?
« Woman Tree ». C’est mon autoportrait et je ne le vends pas. Le tableau affiche un arbre qui représente une silhouette de femme nue. Elle représente la femme fertile. Sur son intimité, j’y ai mis une plume de paon qui représente sa liberté sexuelle. La plume est parsemée de poudre dorée. C’est de là d’où naît la vie. Je ne suis pas une féministe, juste une femme qui reconnaît ses valeurs. Je suis fière de tous mes tableaux. J’en ai aujourd’hui une cinquantaine et j’expose régulièrement dans des hôtels comme le Louvre ou des galeries comme celle de notre association 13e colline à Andohalo.

Des projets ?
Je vais exposer à l’hôtel Ibis tout ce mois de septembre. Je veux partager cet état esprit d’enfant joyeux que le monde d’aujourd’hui a oublié.

Propos recueillis par #PriscaRananjarison

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