Le nom est un jeu de mots — sombin'aiko, « mon enfant, une partie de mon être », et sombin'ny haiko, « une partie de ce que je sais faire ». Tout est déjà dit. Fondée en décembre 2025, cette association de chanteuses malgaches a décidé de mettre sa voix au service de ceux qui n'en ont pas.

Tout commence par une chanson d'adieu. Fin 2025, un groupe de chanteuses se réunit pour honorer le départ de leur amie Manoa Ralisiarimanitra. Une harmonie spontanée, un moment de grâce — et soudain, une évidence. Puis, face à la crise des entrepreneurs en septembre, le collectif entonne Reko pour redonner du courage au pays. « C'est là qu'on a capté qu'on tenait un truc solide », confie Sitraka Ralambotrimo, membre active du groupe. Le nom Sombin'ny Haiko est proposé par Elsie — vice-présidente — et l'association est officialisée en décembre, sous la présidence de Manoa Ralisiarimanitra elle-même. Vingt-six artistes au total : douze à Madagascar, quatorze réparties entre la France, les États-Unis, Dubaï et l'Angleterre. « Les réunions sur WhatsApp Video, c'est tout un art de la négociation de fuseaux horaires », rit Sitraka. La cotisation reste symbolique — 20 000 ariary ici, 50 euros là-bas. Juste assez pour prouver qu'on est prêtes à mouiller le maillot. Et leur marraine n'est autre que Lalatiana, reine malgache du jazz — un parrainage qui dit beaucoup sur les ambitions du collectif.
En moins d'un an, trois actions concrètes. Décembre 2025, descente au centre SEBA à Ambodin'Isotry : distribution de riz pour 200 familles entassées dans un hangar. Puis financement de médicaments pour des enfants hospitalisés dont les parents sont à sec. Et en février 2026, après le cyclone à Tamatave, une levée de fonds de 3 millions d'ariary au Phô Resto pour approvisionner le Centre Onja Soa en kits scolaires. « Nous savons exactement pourquoi nous nous battons : épauler les enfants dans le besoin et les mères célibataires qui rencontrent des difficultés au quotidien », dit Sitraka avec détermination.
Le grand rendez-vous est prévu en août 2026 à Havoria Anosy : deux jours de kermesse intergénérationnelle pour ressusciter les jeux traditionnels — vitsiliha, fanorona, sabaka, katro, raozy jamba — avec exposants, concours et invités. Les fonds récoltés alimenteront leur rêve le plus grand : ouvrir un centre pour enfants autistes et orphelins. « On est légalement sur pieds », conclut Sitraka en tapant du poing contre sa paume. Le train de la solidarité est en marche — et il a un sacré groove.
Tatiana Randriamanakajasoa