Sisca : Sexy mogodro
31 mars 2016 - Cultures Music Musiques commentaires   //   4349 Views   //   N°: 75

Elle est l’étoile montante de la musique tropicale malgache. Son registre mogodro, du salegy moderne au tempérament de feu, fait d’elle une valeur mafana. Sa notoriété grandit à Mayotte, en Afrique du Sud, et bien sûr dans son pays natal. 

Un salegy furieusement remis au goût du jour. À la traditionnelle kabôsy s’ajoutent un dominant son d’accordéon et tous les débordements possibles de batteries et de percussions qui donnent le ton. C’est du mogodro, du salegy six/huit ternaire et puissant, mélangé à un coupé décalé mahorais. À base d’antsa-tromba (chant a cappella), son registre est une ode à la joie des rites du Nord, sa région natale. « J’aime partager à travers mes chansons l’univers d’où je viens. » Avec des danses traditionnelles de type kawitry et trotrobe, aux déhanchements intenses, rebondis de l’arrièretrain et chorégraphie synchrone, le registre de Sisca tend à être connu dans le paysage tropical malgache. En voyant ses clips, on a l’impression d’être dans une agora à la malgache qui bat son plein de bonne humeur !

Avant d’être une chanteuse choc choc, Sisca, de son vrai nom Francisca Razafy, est avant tout une jeune femme souriante et pleine de vie. Qui aurait cru que cette grande fan de Céline Dion, membre d’une chorale, ferait mousser les cabarets de la Grande Île et d’ailleurs ? « Tout a commencé en 2007, lorsque j’ai constaté qu’il y avait peu de femmes qui faisaient de la recherche sur le Salegy, une musique qui intéresse pourtant beaucoup la scène internationale. » Sisca s’est essayée à plusieurs variantes du genre. Un morceau comme Atero zaho (Ramène-moi) est traditionnel, et Misonner libre plutôt reggae. « La musique de Sisca a beaucoup évolué au cours des années. Elle est passée de l’Antosy, une rythmique assez lente, à un chaud bouillant mogodro, en passant par un salegy goma. C’est d’ailleurs dans ce genre qu’elle a fait une version féminine du célèbre Fandrama », confie Nelson Rafandroana, producteur et collaborateur de la chanteuse.

La belle est également multi-instrumentiste. Elle joue sur scène de la batterie, du clavier et même de l’accordéon. Sa rigueur lui a permis de décrocher un contrat pour animer des cabarets tous les ans à Mayotte de 2012 à 2015, puis d’être élue meilleure artiste féminine de l’Afrique australe l’année dernière au concours Africa Golden Virtual Awards en Afrique du Sud, grâce à son tube Sôma mogodro. « Avec le tempo extatique et furieux du salegy, notre musique est très appréciée à l’étranger », confie-t-elle. Aujourd’hui, Sisca fait une tournée des cabarets en France jusqu’en avril. Qui a dit que les tropicaleuses ne savaient que bouger leur arrièretrain ? Il y en a qui bossent !

A LIRE AUSSI
COMMENTAIRES
Identifiez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.
Fermer